Liberia : 83 millions d’euros destinés à la Banque Centrale disparaissent sans laisser de traces

Liberia - 83 millions d’euros destinés à la Banque Centrale disparaissent sans laisser de trace
Monrovia à la recherche de ses 15 milliards de dollars disparus. Image d’illustration.

Actualité Liberia – Roger Donaldson, le réalisateur du film « Braquage à l’anglaise » avec Jason Statham, n’aurait pas pu imaginer un tel scénario. Au Liberia, ce sont près de 15 milliards de dollars libériens qui se sont miraculeusement évaporés dans la nature. En effet, des conteneurs bourrés de billets neufs et destinés à approvisionner la Banque centrale ont pris une destination jusque-là inconnue. Malgré l’annonce de l’ouverture d’une enquête, les autorités de Monrovia ont du mal à expliquer comment un tel casse a pu être possible.

Depuis qu’elle a été rendue publique, l’affaire fait grand bruit. Ce scandale secoue de plein fouet ce petit pays d’Afrique de l’Ouest qui peine toujours à se remettre de plusieurs années de guerres civiles. 97 millions de dollars en liquide se sont volatilisés alors qu’ils devaient finir dans les coffres de la Banque Centrale. Imprimé à l’étranger, comme la plupart des billets de banque africains, l’argent devait emprunter deux circuits lors de son arrivée.

Un premier transfert devait transiter par l’Aéroport international de Monrovia-Roberts. La seconde cargaison quant à elle devait arriver par voie maritime, notamment via le port. Des enquêteurs, on y apprend que les auteurs de ce spectaculaire « braquage à l’anglaise » ont justement choisi de frapper au port en mars dernier.

Pour résoudre l’énigme, Monrovia n’a pas hésité à solliciter de l’aide extérieure. En effet, les autorités ont annoncé avoir sollicité l’expertise du Trésor américain, du FBI et du Fonds monétaire international (FMI).

Les autorités libériennes broient du noir

Les enquêteurs sont formels, le convoi transportant la précieuse cargaison a été réceptionné par les agents de la Banque Centrale. Sauf que celle-ci s’est évaporée dans la nature entre le port et les murs de l’institution. De son côté, le ministre de la Justice a tenu à assurer les populations en déclarant que les coupables seront retrouvés et sanctionnés à la hauteur de leur niveau d’implication.

Au risque de perdre en crédibilité, le nouveau président George Weah doit rapidement apporter des réponses aux populations. Gangrené par la corruption et frappé de plein fouet par la pauvreté, le Liberia peine à sortir la tête de l’eau. Et cette affaire pour la moins rocambolesque vient ruiner les efforts des autorités qui tentent d’éradiquer la corruption.

Selon la presse locale, une quinzaine de personnalités a été frappée d’une interdiction de sortie du territoire. Charles Sirleaf, le fils d’Ellen Johnson Sirleaf, l’ancienne présidente et Milton Weeks, gouverneur de la Banque centrale ou encore l’homme d’affaires libanais George Abi Jaoudi, sont concernés par cette mesure. Ces personnalités sont des proches d’Ellen Johnson Sirleaf, qui était aux commandes du pays à l’époque des faits. Pour l’instant et a priori, aucun membre de l’équipe de George Weah n’est impliqué dans ce scandale.

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