Libye: l'esclavage des migrants, quelles actions après l'indignation ?

Des migrants en LibyeLibye actualité (Africapostnews) – A la suite du documentaire de CNN sur la vente aux enchères d’êtres humains en Libye, on a pu observer une vague d’indignation des diasporas afro-caraïbéennes, d’artistes et de chefs d’états africains. Les autorités libyennes diligentaient une enquête, et le sujet avait d’ailleurs été inscrit à l’ordre du jour du sommet UA-UE en fin du mois de novembre. Quid des actions contre l’esclavage en Libye et à l’endroit des migrants sur place ?

15 000 migrants rapatriés en février

Un groupe de travail a été créé à la suite du sommet d’Abidjan pour travailler en task force sur la protection des migrants et la lutte contre les réseaux criminels. Réunis ce jeudi 14 décembre à Bruxelles, les participants au groupe de travail ont confirmé leur engagement à rapatrier 15000 migrants d’ici février 2018.
Le nombre total de migrants étant estimé entre 400 000 et 700 000, il s’agirait en fait uniquement de ceux qui  croupissent dans les camps de rétention contrôlés par le gouvernement d’union nationale lybien (GNA).
D’autres lieux de détention échappent au contrôle des milices du GNA et des organismes internationaux alors que des milliers de migrants y sont retenus prisonniers. Là-bas, les migrants sont battus, réduits à des travaux forcés et utilisés pour extorquer de l’argent à leurs familles restées dans leurs pays d’origine. C’est dire le rapatriement des 15 000 d’ici février 2018, et des 16 000 autres avant eux cette année, est certes louable, mais n’est pas la solution à la question de l’esclavage.

Comment venir à bout du réseau d’esclavage ?

La vague d’indignation qui a suivi le reportage de CNN a elle-même été accompagnée de plusieurs témoignages de ressortissants africains en Europe ou en Afrique qui sont passés par la Libye. C’est le cas par exemple d’un certain « Abass », qui réalise régulièrement des vidéos en direct sur son compte Facebook. Dans ces vidéos, ce jeune ressortissant ivoirien explique et dénonce le trafic d’humains en Libye, et il donne des pistes pour démanteler une partie au moins du réseau.
Utilisé pour traduire les instructions des rançonneurs aux familles des migrants-esclaves, il dit connaitre leurs noms, leurs domiciles et les endroits où ils retiennent leurs victimes. Il dit aussi que les familles des victimes possèdent des informations cruciales puisque les paiements s’effectuent par des moyens tels Western Union et Orange Money, qui permettent d’identifier les destinataires des paiements.
Autant de pistes que les autorités libyennes, qui ont instruit une enquête, pourraient suivre, et qui porteraient rapidement leurs fruits.

L’Europe complice, selon Amnesty International

Pour Amnesty International, les états européens sont plus préoccupés par la baisse du nombre de migrants qui débarquent sur leurs côtes que par leur sort en Libye. Dans un rapport publié ce mercredi 13 décembre, l’ONG dénonce les liens entre les gouvernements européens et les conditions d’arrestation et de détention des migrants en Libye. L’Italie, qui observe une baisse des migrations de 65%, est au centre des critiques.

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