Mali : Fin de la grève dans le secteur de la santé

Fin de la grève dans le secteur de la santé au Mali © RFI

Actualité Mali – Fin de la grève illimitée dans les structures médicales publiques. Ce dimanche 16 avril 2017, les syndicats et le gouvernement ont trouvé un accord. C’est la fin d’une grève qui aura duré plus d’un mois.

La grande grève dans les structures médicales publiques au Mali a enfin connu son épilogue ce dimanche. Après de nombreuses discussions, le gouvernement et les syndicats de la santé ont trouvé un terrain d’entente. Le Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) et la Fédération des Syndicats de la santé et de l’Action sociale (FESYSAM) ont bataillé pour faire valoir les intérêts du personnel soignant et non soignant des centres de santé publique.

À la sortie des travaux, le secrétaire général du SNS-AS-PF, Issouf Maïga s’est exprimé sur leur issues. « Sur neuf points, nous avons [obtenu] huit points d’accord et un point d’accord partiel. » a-t-il déclaré. Faisant ainsi comprendre que le mot d’ordre de grève était levé.

Une levée de grève confirmée par le ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement malien, Abdel Karim Konaté. « Les grévistes et le gouvernement malien se sont entendus et le mot d’ordre de grève est levé », a déclaré le ministre.

Cette décision a été saluée par l’opinion publique et les usagers, qui souffraient des retombées de cette grève. En effet, depuis la mi-mars, malgré le service minimum, les centres de santés étaient bondés de personnes qui ne pouvaient se faire soigner convenablement. Pour celles qui n’avaient pas les moyens de rejoindre les cliniques privées, les hôpitaux publics étaient devenus des mouroirs.

Une victoire symbolique, une victoire historique

Il aura donc fallu 38 jours de mobilisation intense pour que la grève des médecins prenne fin. Initiée le 9 mars dernier par leurs syndicats, les agents des structures médicales publiques s’étaient mobilisés comme jamais. En dépit des nombreuses menaces, campagnes d’intimidation et autres critiques, les grévistes avaient tenu mordicus. D’ailleurs, ils avaient clairement dit que le mouvement ne s’estomperait que lorsque leurs revendications seraient satisfaites.

Les médecins étaient rentrés en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et de vie. Inscrits dans leur cahier de charge, la totalité de leurs doléances ont visiblement été prise en compte. « Nous avons demandé une augmentation de la prime de fonction spéciale, nous avons reçu 100 % de l’existant. Nous avons d’abord reçu une application sur l’étendue du territoire de la prime de garde, par rapport au taux de 2007. Ensuite, sur la prime de monture, nous avons eu satisfaction. [Concernant] l’intégration des contractuels, le principe est déjà acquis » a expliqué Issouf Maïga. Ce dernier n’a pas caché son sentiment de satisfaction.

Cette grève est l’une des plus longues que le pays ait connue dans le secteur de la santé. Les points d’accord obtenus ce dimanche permettront d’améliorer grandement les conditions des médecins maliens.

Première victoire du gouvernement de Abdoulaye Idrissa Maïga

Il n’aura fallu attendre que quelques jours avant de voir l’équipe de Abdoulaye Idrissa Maiga à l’œuvre. La semaine dernière, alors que ce dernier mettait en place son gouvernement, le secteur de la santé et la grève qui sévissait, apparaissaient comme des défis majeurs du nouveau gouvernement. Une semaine après, cette issue favorable sonne comme une première victoire.

Pour rappel, le nouveau premier ministre avait opéré un changement à la tête du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Ainsi, le docteur Marie Madeleine Togo était remplacée par Samba Ousmane Sow. Lors de leur passation de service, le nouvel arrivant s’était dit conscient de la charge qui l’attendait. Visiblement, il a rapidement pris la mesure de la situation.

C’est épilogue salué par l’opinion générale est une parmi de nombreuses. En effet, d’autres challenges sont encore à relever. Les questions de mise en place des autorités intermédiaires qui tâtonnent, les groupements islamistes terroristes dans certaines zones du pays, ou encore les grèves dans l’éducation. Le pays est actuellement empêtré dans une crise sociale depuis quelques mois.

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