Mali – Grèves en cascade : La ministre du Travail sur le banc des accusés

Ville de Bamako
Ville de Bamako © tourist-destinations.com

Ces derniers mois, le Mali vit au rythme des grèves touchant plusieurs secteurs. Après les magistrats, suivi des greffiers, c’est au tour des enseignants d’entrer en grève. Dans cette atmosphère tendue, le peuple accuse, et le premier nom cité est celui de Raky Talla Diarra. Considérée comme inattentive aux soucis des syndicats, la ministre du Travail, est pointée comme étant la source du problème.  

Nommée en 2015, lors de la composition du gouvernement Keïta 2, Raky Talla Diarra, occupe le poste de ministre du Travail, de la Fonction publique, de la Réforme de l’État, chargée des relations avec les institutions. Mais son rôle dans la gestion de la crise sociale qui frappe actuellement le pays est fortement critiqué. Son manque d’écoute à l’égard des différents syndicats serait à l’origine des grèves observées dans le pays.

Si sa fonction requiert d’elle qu’elle soit le lien entre l’Etat et les syndicats, il semblerait qu’elle ait brillamment échoué dans cette mission. En effet, la garante du dialogue social a bien du mal à faire taire la grogne qui sévit en ce moment au Mali.

Paralysie de l’appareil judiciaire par les magistrats

Répondant à l’appel des deux principaux syndicats, les magistrats ont entamé une grève illimitée le 9 janvier dernier. Initialement prévu pour durer une semaine, le mouvement s’était muté en grève illimitée face à la non-réaction du gouvernement concernant les revendications des fonctionnaires judiciaires.

Les hommes de robe réclamaient notamment une augmentation de leurs salaires, primes et indemnités. En plus, ces derniers exigeaient l’indépendance du système judiciaire vis-à-vis du pouvoir central.

Ayant obtenu gain de cause, les gens de justice ont repris le chemin des tribunaux ce lundi 13 février, pour le plus grand plaisir des Maliens.

Les greffiers rentrent dans la danse

Quand les uns s’arrêtent, d’autres prennent le relais. Ce sont maintenant les greffiers qui manifestent leur mécontentement. Comme mentionné dans le préavis déposé il y a deux semaines, ils ont entamé mercredi, une grève de trois jours, du 15 au 17 février.

En effet, le SYNAG, syndicat national des greffiers, exige entre autres l’application des décisions prises lors du dialogue national sur la justice en octobre 2016. Parmi les doléances, un changement dans l’appellation de leurs fonctions, une requalification de leur statut ou encore l’allocation d’une indemnité pour participation à la judicature.

Là encore, c’est la démonstration de l’échec du gouvernement de Modibo Keïta. Mais surtout de Raky Talla Diarra, qui peine à ramener le calme dans le pays.

Les enseignants reviennent à la charge

L’insatisfaction semble généralisée. Ce même 13 janvier, date du retour des magistrats au travail, les enseignants eux, ont abandonné leurs tableaux et leurs craies pour entrer en grève illimitée. Le mouvement d’humeur concerne en particulier les enseignants du nord du pays, qui ne revendiquent ni plus ni moins que ce que leurs collègues demandaient déjà en octobre 2016. Notamment, l’augmentation de la prime de zone, le nord du Mali étant une zone à risque en termes d’attaques terroristes.

D’autre part, ils exigent l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique et une indemnisation de ceux qui n’ont pas quitté leur poste au moment de l’occupation de la zone par le MNLA, groupe djihadiste.

Ces grèves à répétition témoignent d’un dialogue totalement rompu entre le gouvernement et les syndicats. C’est pour beaucoup la façon de dénoncer l’incompétence de la ministre du Travail, qui a sous sa responsabilité la majeure partie du personnel entré en grève. Pour le moment, Raky Talla Diarra, marche dans les pas de son prédécesseur qui n’avait pas su trouver les bons mots pour apaiser les tensions sociales maliennes.

 
 
 

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