Mali : Malgré les absents, la Conférence d’entente Nationale a débuté

Ibrahim Boubacar KEITA, Président du Mali © Rahmani Rahimi

Actualité Politique Mali – La Conférence d’entente nationale s’est ouverte à Bamako ce lundi avec pour but, la réconciliation nationale. Comme annoncé, l’Opposition malienne et l’ex-rébellion touareg de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ont boycotté la conférence.

Ce 27 mars a débuté à Bamako la Conférence nationale. Les travaux s’étendront jusqu’au 2 avril. Le gouvernement malien espère aboutir à une sortie de crise dans laquelle le Mali est empêtré depuis 2012.

Dans le but de sauvegarder la paix dans le pays, le gouvernement estime que la tenue de cette Conférence Nationale était urgente. Le président a tenu à l’exprimer lors de son discours d’ouverture.

« L’actualité et les événements de par le monde nous rappellent chaque jour qu’il n’y a pas une minute à perdre lorsqu’il s’agit de protéger notre pays, notre peuple en particulier contre le terrorisme et les diverses menaces de ce siècle nouveau », a-t-il dit.

La Conférence d’entente nationale sera orientée autour de trois axes : l’unité, la paix et la réconciliation. Elle aura pour but de déboucher sur une charte ratifiée par toutes les parties. Pour le président de la Commission préparatoire à la Conférence Nationale, il s’agit ici d’« instaurer un débat approfondi et inclusif entre toutes les composantes de la nation malienne sur les causes du conflit qui affaiblit le pays depuis 2012 ».

DES ABSENCES NOTABLES

Cette conférence nationale est aussi marquée par d’importantes absences. Des absences que le président malien regrette et a tenu à le faire savoir. « Je faillirais à mon devoir si je ne déplorais pas ici devant vous certaines absences et les discours qui les justifient » a-t-il ajouté.

En effet, on déplore trois grands absents. Tout d’abord, les ex-rebelles de la CMA qui ont estimé à travers l’un de leurs porte-paroles, Mohammed el-Maouloud, que la durée de la conférence posait problème. Selon eux, une semaine n’est pas assez pour « permettre de discuter en profondeur de tous les problèmes ».

L’opposition malienne elle aussi absente, a fustigé à travers Iba Ndiaye, l’impréparation de cette conférence. Elle a aussi tenu à exprimer son mécontentement, car pour elle, « dans les termes de référence, on doit forcément parler de la gouvernance actuelle », thème qui ne sera pas abordé lors des discussions.

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), deuxième centrale syndicale du pays, manque aussi à l’appel. Selon la CSTM, elle ne participe pas parce qu’elle n’a pas été associée aux bases de référence de la conférence.

LE GOUVERNEMENT NE BRONCHE PAS

Face au boycott, le gouvernement ne cille pas, mais tient à laisser la porte ouverte. « Cette Conférence Nationale est un train qui démarre. Ceux qui ne l’auront pas pris peuvent toujours le rattraper à une autre gare » a indiqué le président malien. De plus, ce dernier appelle « chacun à se demander, en son âme et conscience, en quoi ses postures enrichissent la démocratie ».

D’après le gouvernement malien, cette conférence devrait permettre d’« élaborer une charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale sur une base consensuelle » et ce, malgré les absences.

Dioncouda Traoré, l’ancien Président de la transition lui aussi attend beaucoup de cette concertation. « J’en attends ce que toutes les Maliennes et tous les Maliens attendent et tous les amis du Mali : c’est que cette conférence vienne couronner tous les efforts qui ont été faits par le peuple malien, les peuples amis afin que la paix revienne dans notre pays et que la réconciliation se fasse » a-t-il dit.

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