Maroc : condamnée à de la prison ferme pour adultère

Hind Achabi, condamné à de la prison ferme pour adultère
Hind Achabi, condamné à de la prison ferme pour adultère – Crédit photo ; Libération

ACTUALITÉ MAROC – Dans une décision suffisamment controversée pour soulever l’ire des citoyens, la justice marocaine a condamné une femme divorcée et mère de deux enfants à de la prison ferme pour adultère.

L’affaire fait couler beaucoup d’encre depuis l’incarcération de la mère de famille en novembre dernier. La peine prévue à l’origine d’une durée de 3 ans a été ramenée à 2 ans le mois passé, mais cette remise de peine n’a pas suffi à faire taire les sceptiques sur la pertinence de ce verdict.

Lent à la détente

L’histoire de Hind Achabi, la victime reconnue coupable dans cette affaire, donne le frisson. Après avoir déposé une demande de divorce auprès de son premier mari (épousé en 2013) en 2014 et avoir reçu la confirmation de son approbation, Madame Achabi s’est remariée 4 mois plus tard (toujours en 2014). De sa nouvelle union sont nées deux petites filles dont la dernière a été séparée de sa mère dix jours après sa naissance.

Sadiq Marafi, l’ex-conjoint de Madame Achabi, a réalisé plus d’un an et demi après la signature des documents que finalement, il ne reconnaissait pas le divorce. Il a donc porté plainte pour adultère auprès des autorités marocaines, conduisant à la sentence de son ex-femme et de son mari, lequel a passé 7 mois pour faux et usage du faux (la validité du certificat de mariage ayant été remise en cause par l’accusation d’adultère).

Nul besoin d’être un expert en droit civil marocain pour se questionner sur la bonne foi de la plainte émanant de l’ex-mari. En effet, pour prétendre ne réaliser qu’après 19 mois, un nouveau mariage et deux enfants de son ex-femme que finalement, le divorce n’est pas valide, Monsieur Marafi a dû déployer des trésors d’ingéniosité pour faire croire aux autorités marocaines qu’il était juste un peu lent à la détente.

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