Mozambique: évacuation urgente des habitants de la zone du fleuve Limpopo

Inondations au Mozambique en 2015 © AFP

Suite aux violentes pluies, les autorités de la province de Gaza ont procédé à une évacuation des habitants résidant près du fleuve Limpopo. Depuis le mois d’octobre, avec l’arrivée de la saison des pluies, les autorités mettent en place des plans d’aide pour éviter les risques d’inondations de plus en plus fréquentes pendant cette période.
Au Mozambique, le week-end fut mouvementé pour les autorités, une énorme opération d’évacuation des habitants de la zone du fleuve Limpopo dans le but de prévenir les risques d’inondations a eu lieu.

Le gouvernement oblige les habitants à partir pour éviter des pertes humaines et matérielles

Depuis plusieurs jours, des pluies accompagnées de vents violents s’abattent sur le pays poussant ainsi les responsables des services d’urgences du Mozambique à agir. De 2000 à 2001, le pays avait connu des pluies dévastatrices causant la mort de plus de 800 personnes et délogeant un peu plus de 500 mille autres de leurs domiciles. C’est pour empêcher ce scénario que les chargés de secours mettent désormais en place des procédures de prévention des risques, en collaboration avec le gouvernement.
Suite à la déclaration ce dimanche, de l’Agence nationale de gestion des secours, les autorités de la province de Gaza ont voulu protéger la population et réduire les impacts négatifs sur les cultures. En effet, la hauteur de l’eau avait déjà atteint plus de 8,5 mètres alors que le niveau d’alerte est fixé à 4,5 mètres. Face à ces nombreux facteurs, le gouverneur de Combumune a obligé les riverains du fleuve à déplacer leur bétail ainsi que leurs biens pour éviter des surprises désagréables. Les autorités craignent également des pertes en vies humaines liées à des maladies telles que la dysenterie, la fièvre typhoïde ou le choléra  qui surviennent le plus souvent après les intempéries.

Des pluies et inondations qui durent depuis plusieurs mois…le gouvernement décide d’agir  

La saison des pluies annonce toujours une période très difficile pour les habitants. Elle s’accompagne souvent de vents très violents. Depuis le mois d’octobre, les intempéries au Mozambique ont déjà fait plus de 40 morts et 76.000 sinistrés. Des chiffres que le gouvernement souhaiterait ne pas voir augmenter dans les prochains mois.  Le porte-parole de l’Institut de gestion des catastrophes naturelles (INGC), Paulo Tomas, avait précisé lors d’une de ses déclarations que les pluies étaient à l’origine de la destruction de plus de 8.000 maisons dans le pays. Le gouvernement avait donc décidé, suite à ces résultats, de multiplier les semaines d’alerte orange sur l’ensemble du territoire et cela jusqu’au mois de mars.
Lors d’une conférence de presse en janvier dernier, le vice ministre de l’Administration d’État Roque Silva, a déclaré devant la presse que « La saison des pluies est toujours en cours, les dégâts risquent donc d’être encore plus importants ». Une manière de prévenir la population des conséquences fréquemment rencontrées dans le pays pendant les périodes d’intempéries. La Capitale et le sud du pays sont les zones les plus touchées par ces inondations. Afin de répondre à cette crise quasi quotidienne, depuis janvier un centre d’urgence d’hébergement a été ouvert à Maputo pour accueillir plus de 140 familles sinistrées.

L’insécurité alimentaire grandissante

Ces pluies causent également une insécurité alimentaire. Tout comme ses voisins, le Lesotho ou encore le Malawi, touchés par le même fléau, le Mozambique, voit sa situation alimentaire se dégrader lors de ces événements. Les intempéries entraînent des pertes de récolte, privant ainsi les habitants de vivres. De nouvelles précipitations sont à craindre, et avec celles-ci la détérioration de nombreuses zones de culture.
Il y aurait environ 1.5 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire au Mozambique, pays parmi les plus pauvres du monde. Face à l’urgence, les autorités ont prévu mettre en place un plan d’aide national de plus de 10 millions d’euros dans les mois à venir.

Laisser un commentaire