Namibie : Le président Geingob à la conquête des terres agricoles

La Namibie souhaite que la majorité des terres agricoles reviennent aux populations noires d’ici 2020.

Namibie Politique – À l’occasion des 27 ans d’indépendance de la Namibie, le président Hage Geingob a annoncé des mesures importantes notamment dans le secteur agraire qui visent à réduire l’inégalité de partage des terres dans un pays qui porte encore les stigmates du passé.

En effet, la Namibie a connu dans son histoire deux occupations qui sont encore palpables aujourd’hui : la colonisation allemande et la domination sud-africaine. Le pays a donc connu le système de l’apartheid.

La Namibie, ce pays riche avec des inégalités historiques

En 1920, les Allemands laissent la place au gouvernement ségrégationniste d’Afrique du Sud sous l’ordre de la SDN, ancienne ONU. Ainsi, pendant 70 ans, le pays subit les mêmes règles de gouvernance qui créent des inégalités criardes entre les populations blanches et noires. Depuis l’indépendance, les inégalités se sont légèrement réduites, mais pas assez, car la Namibie est classée parmi les pays les plus inégalitaires du monde.

Au sujet de la répartition des terres agricoles, le gouvernement a donc annoncé une mesure d’expropriation radicale des propriétés au profit  de la majorité noire du pays. « Nous devons nous appuyer sur notre Constitution qui autorise l’expropriation des terres contre une compensation juste. Nous devons aussi analyser le cas des terres appartenant aux étrangers, surtout les propriétaires absents » expliquent le président Geignob. Selon les chiffres du ministre des Ressources foncières Hifikepunye Pohamba, 90% des fermes privées du pays sont aux mains de la minorité blanche.

Une réforme agraire utopique ?

C’est donc dans le but de réduire cet écart que la Namibie souhaite transférer 43% de ses terres agricoles au profit des paysans noirs d’ici 2020. Selon l’Union Agricole de la Namibie, syndicat d’agriculteurs, 27% des terres ont été restitués aux noirs en fin 2015.

Il faut dire que le problème de la terre reste un vieux sujet  assez sensible pour le pays. Dès le 1er mandat du président Samuel Nujoma en 1990, il a été question d’une réforme agraire qui faisait partie des promesses de campagnes phares de la SWAPO, parti duquel est issu Nujoma. Mais 30 ans plus tard, les inégalités n’ont pas été gommées.

L’échiquier agricole et économique  du pays constitue un frein à cette mesure. En effet, la minorité blanche produit 80% de la production agricole ce qui représente un poids et donc une influence énorme dans le secteur. De plus, les pays limitrophes n’ont pas réussi à résoudre ce problème.

Au Zimbabwe, cette réforme fut un tel échec que le gouvernement Mugabe a dû solliciter l’aide des fermiers blancs pour remettre sur pied des terres agricoles qui avaient été laissées à l’abandon par manque d’intérêt, manque de savoir-faire agricole ou encore absence de fonds. Quant à l’Afrique du Sud, les blancs détiennent encore 83% des terres.

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