Nasser Bourita : Le Maroc « ne reconnaît et ne reconnaîtra jamais » la RASD

Le drapeau de la RASD

Le 28ème sommet de l’Union Africaine a vu l’admission du Maroc au sein de l’organisation panafricaine. Pourtant parmi les pays fondateurs de l’OUA, c’est en 1984 que le Maroc se retire en réponse à la reconnaissance en 1982 par l’OUA de la « RASD ». Néanmoins, la cohabitation entre ces deux entités commence à raviver les tensions.

Après le retour du Maroc à l’Union Africaine, le front Polisario a laissé entendre qu’il souhaite une reprise des négociations pouvant aboutir sur l’indépendance de la « RASD ». Privilégiant la voie pacifique, le secrétaire générale du mouvement indépendantiste n’exclut pas une reprise de la lutte armée.

Aussi, les soutiens Algériens du Polisario tentent d’imprégner l’idée selon laquelle, l’adhésion du Maroc au sein de l’UA impliquerait une reconnaissance de la « RASD » qui y siège encore. Idée que ne partage pas le gouvernement Marocain.

« LA RECONNAISSANCE EST UN ACTE UNILATÉRAL »

Dans une communication adressée au média Le Desk, Nasser Bourita, Ministre délégué auprès du Ministre marocain des affaires étrangères et de la coopération, a mis les choses au clair.

 Il a tout d’abord rappelé que « la reconnaissance est un acte unilatéral et discrétionnaire, par lequel un État prend acte de l’existence d’un fait, État ou situation et déclare expressément ou admet implicitement qu’il lui est opposable.». Il a aussi ajouté que c’est un « acte libre, qui dépend exclusivement de la volonté de l’État et de ses intérêts en somme.»

À PROPOS DE LA RECONNAISSANCE DE LA RASD

Après avoir rappelé que la reconnaissance d’un état relevait de la « volonté souveraine », Nasser Bourita a répondu directement à l’argument de certains membres du Polisario et de leurs soutiens.

Ainsi, « le fait pour un état de siéger dans une enceinte internationale en présence d’une entité non-reconnue ne peut impliquer une reconnaissance par lui de cette entité » a-t-il affirmé avant de prendre l’exemple de l’Israël qui est membre de l’ONU et qui n’est pas reconnu par la majorité des pays arabes. Du coup, la présence de l’Iran à l’ONU « n’implique aucune reconnaissance de sa part de l’État hébreu.». Sur ce point il a conclu en disant qu’«il est évident que l’argument ne se tient ni du point de vue du droit international, ni du point de vue de la pratique des États.»

« LA SITUATION EST IDENTIQUE POUR L’ALGÉRIE »

Nasser Bourita a qualifié de  « fragile »  et « maladroite » la logique de l’Algérie et du front Polisario qui après avoir essayé de compromettre l’admission du Maroc au sein de l’UA, « tentent aujourd’hui de camoufler leur cuisant échec » en essayant « désespérément de récupérer à leur avantage l’admission du Maroc.».

Alors, il est revenu sur le fait que l’Algérie siège à l’ONU mais ne reconnaît pas Israël avant d’appuyer sur le fait qu’« Alger ne manque aucune occasion pour rappeler qu’elle ne reconnaît pas le Kosovo comme État indépendant » bien que le Kosovo siège à la Banque Mondiale comme l’Algérie.

LE MAROC PERSISTE ET SIGNE

Mohamed VI dans son discours de Dakar a souligné que « le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara ». Cette position est confirmée par Nasser Bourita qui ajoute « Non seulement le Maroc ne reconnait pas – et ne reconnaitra jamais – cette entité fantoche, mais il redoublera d’efforts pour que la petite minorité de pays – notamment africains – qui la reconnaissent encore, fasse évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques. »

QUELLE SUITE POUR LA « RASD » ?

Le front Polisario continuera de se battre pour l’indépendance de la République Arabe Sahraouie Démocratique tandis que le Maroc fera inéluctablement tout pour qu’elle ne soit pas et plus reconnue. « Les quelques reconnaissances glanées ici et là dans un contexte de Guerre froide – désormais révolu – ne résisteront pas à la force du droit et à l’avancée inéluctable de la légalité internationale, ni à la détermination du Royaume du Maroc à mettre fin à cette supercherie. » a dit Nasser Bourita après mis en exergue le fait que 34 États membres de l’UA ne reconnaissent pas la RASD.

 

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