Niger – Crise dans le secteur de l’éducation : Mahamadou Issoufou prend les choses en main

La crise dans le secteur de l’éducation en passe d’être résolue au Niger © Le Monde

Actualité Niger — Lundi dernier, les étudiants avaient massivement répondu à l’appel des syndicats à manifester. Scolaires et universitaires avaient ainsi battu le pavé à Niamey et dans les autres villes estudiantines du pays. S’en est suivie la répression des forces de l’ordre qui ont répondu sans demi-mesure. Bilan : un mort, une centaine de blessés ainsi que plusieurs dizaines d’arrestations. Compte tenu de la gravité des faits, les autorités nigériennes avaient ordonné la fermeture des campus. Le Président Issoufou a dû monter au créneau pour trouver des solutions urgentes. 

Fallait-il qu’il y ait ces graves incidents lundi dernier, causant la mort d’un étudiant, pour que les revendications exprimées par les syndicats soient écoutées ? C’est l’impression donnée au sortir d’une rencontre entre les responsables syndicaux et le président Issoufou qui était accompagné pour l’occasion du Premier ministre Brigi Rafini. Cette rencontre déterminante quant à la suite à donner à ces événements a eu lieu samedi après-midi. Le président de la République du Niger a tenu à prendre le dossier en main afin de trouver des solutions idoines aux revendications étudiantes.

Au sortir de cette rencontre, le secrétaire général de l’Union des Scolaires Nigériens (USN), Ousseïni Sambo, a annoncé à la radio nationale que le président Issoufou a promis que toutes les revendications allaient trouver satisfaction à court terme. Dans cette optique, une commission interministérielle dirigée par le Premier ministre Brigi Rafini va être mise en place dans les prochains jours. Aussi, le Président Issoufou a donné des instructions pour que les campus universitaires de Niamey et de Maradi soient rouverts.

L’USN a obtenu la libération des étudiants arrêtés lors des manifs

Lors de cette rencontre, il a été également question du sort des 83 étudiants qui ont été arrêtés suite aux incidents du lundi dernier. Les syndicats avaient demandé leur libération, car, selon eux, ils ne faisaient que défendre leur droit à de meilleures conditions d’étude. Vendredi, le parquet les a remis en liberté, mais a gardé en prison plusieurs responsables des syndicats d’étudiants. Ousseïni Sambo a annoncé que ces derniers seront relâchés eux aussi, non sans comparaitre devant la justice afin de lever les équivoques relatives à ce qui s’est passé durant les événements malheureux.

Le gouvernement s’engage aussi à poursuivre les agents des forces de l’ordre qui seraient impliqués dans les violences envers des étudiants. Une enquête va être menée pour faire la lumière sur le décès de l’étudiant survenu durant les manifestations. Déjà, des témoignages incriminants des policiers mettent à mal la version des forces de l’ordre. L’USN déplore un usage excessif de la force par les forces de l’ordre contre des étudiants n’ayant eu pour seules armes leurs affiches et leur détermination.

Trois policiers mis aux arrêts

Un communiqué de la Direction générale de la Police a annoncé l’arrestation de trois policiers. Ces policiers ont été identifiés grâce à une vidéo dans laquelle on voit ces hommes brutaliser un étudiant sans que ce dernier n’ait manifesté une quelconque résistance et encore moins d’incivilité. Adily Toro, porte-parole de la police, a expliqué lors d’un point de presse que les trois policiers ont été arrêtés pour « avoir fait subir un traitement contraire au principe d’éthique et de déontologie qui gouverne la police ».

Les responsables des syndicats d’étudiants sont donc sortis de cette rencontre très satisfaits. Ils ont promis prendre leurs responsabilités pour que les étudiants regagnent les campus dans le calme. De bon augure pour une reprise très prochaine des activités pédagogiques. « Nous allons veiller au strict respect des engagements pris par le premier responsable du pays » a déclaré Ousseïni Sambo. « Nous avons promis de partir dans un esprit d’apaisement » a poursuivi le secrétaire général de l’USN. D’autres négociations sont prévues ultérieurement. En attendant, les campus sont bel et bien de nouveau accessibles aux étudiants. Épilogue heureux ?

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