Nigeria : 20 associations anti-corruption veulent poursuivre le gouvernement

Une plateforme pétrolière offshore
Une plateforme pétrolière offshore

Nigeria News (Africapostnews) – Un projet de réparation et d’agrandissement d’une raffinerie de pétrole à Port-Harcourt au Nigéria est sous le feu des critiques d’une vingtaine d’association anti-corruption. Ces organisations dénoncent l’opacité de la procédure ayant conduit à confier la réalisation de ce projet à la société pétrolière italienne ENI.

Emmanuel Ibe Kachikwu, le secrétaire d’Etat nigérian en charge du pétrole, a rendu public, courant mai, la décision du gouvernement de confier le marché de 15 milliards de dollars US à la société ENI. Celle-ci doit réaliser la réparation, l’extension et in fine assurer la gestion de la raffinerie de Port-Harcourt, sur la façade atlantique du Nigéria.

Cependant, pour les associations anti-corruption, aucun appel d’offres, aucun appel à la concurrence n’a été passé avant l’attribution de ce marché alors que les procédures légales en la matière l’exigent. Remontées, les associations anti-corruption ont donné 48h au gouvernement nigérian pour revenir sur sa décision et engager une procédure d’attribution de ce marché conforme à la loi. Passé ce délai, elles envisagent de saisir la justice pour faire annuler la procédure.

Dans une lettre ouverte, ces associations écrivent : « Si les choses ne sont pas réglées, le gouvernement est sur le point de tomber dans les mêmes abysses de corruption du secteur pétrolier que ses prédécesseurs, qu’il a accusés pour les mêmes faits ».

La corruption est un véritable fléau au Nigéria. Élu en 2015, le président Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre la corruption un axe central de sa politique avec la lutte contre le terrorisme islamique de la secte Boko Haram. Le pays occupe actuellement la 136e place sur 176 à l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International.

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