Nigéria : 20% de fausses monnaies en circulation dans le pays ?

Le siège de la Banque centrale du Nigéria (BCN)

L’ancien gouverneur adjoint de la Banque centrale du Nigéria (BCN), Obadiah Mailafia, a déclenché une vive polémique dans son pays après avoir déclaré que 20% des liquidités en circulation dans le pays seraient de la fausse monnaie.

Quel est le pourcentage de la fausse monnaie dans la masse monétaire en circulation ? À cette question Obadiah Mailafia répond 20%. Dans sa déclaration, l’ancien gouverneur adjoint de la BCN ajoute que « les fausses liquidités en circulation ne sont pas prises en compte par les politiques monétaires du pays et leurs forts taux d’intérêt pourraient prolonger la récession ». Convaincu de la théorie économique selon laquelle la fausse monnaie chasse la bonne, l’ancien gouverneur s’étonne que les autorités du pays ne se penchent pas véritablement sur le sujet.

Pour la Banque centrale, moins de 1% de la masse monétaire est fausse

Face à cette déclaration, la BCN n’a pas tardé à réagir. Pour la banque centrale, la fausse monnaie en circulation dans le pays n’excède pas 1% de la masse monétaire totale. En d’autres termes, plus de 99% des nairas (la monnaie locale) en circulation n’ont aucun lien avec la fausse monnaie.

Disant faire tous les efforts nécessaires pour lutter contre ce phénomène, la BCN a déclaré : « Il est clair qu’aucune monnaie dans le monde n’est à l’abri de contrefaçon. Nos données indiquent que de janvier à décembre 2016, moins de 1 % des liquidités en circulation était de la fausse monnaie. Nous concentrons tous nos efforts de sorte à rendre la tâche difficile pour les personnes derrière cette pratique. De plus, nous avons mené plusieurs campagnes de sensibilisation pour aider les populations à vérifier si une monnaie était fausse ou vraie».

La BCN s’est par ailleurs dite surprise des déclarations de son ancien gouverneur adjoint, Obadiah Mailafia. Le directeur de la communication de la banque, Isaac Okoroafor, a demandé aux populations et aux partenaires du pays de ne pas prendre en compte ses déclarations. Selon lui, Obadiah Mailafia ne fonde ses propos sur aucune preuve. « Il est très étrange qu’un ancien responsable de la CBN ait émis de tels propos sachant à quel point ils pourraient porter atteinte à la valeur de la monnaie locale ainsi qu’aux efforts du gouvernement fédéral et de la CBN, visant à assurer la stabilité de la machine financière du pays », a conclu Isaac Okoroafor. Reste à savoir si le directeur de la communication a convaincu son public.

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