Nigéria : 800 millions de dollars de pots de vin versés par Shell et ENI

L’Anglo-néerlandais Shell et l’Italien ENI, impliqués dans un nouveau scandale de corruption au Nigéria.

Afrique – L’agence fédérale de lutte contre la corruption a annoncé jeudi dernier la mise en examen du groupe britannique Shell, et de l’italien ENI, pour corruption, dans le cadre d’un contrat pétrolier offshore de plus d’un milliard de dollars.

Les filiales locales de Shell et ENI sont accusées d’avoir conclu un « accord frauduleux » avec une société nigériane liée à Dan Etete, un ancien ministre du Pétrole et à d’autres hauts responsables politiques. Au total, un montant de 800 millions de dollars aurait été perçu par onze hommes d’affaires et politiciens nigérians, qui ont été mis en accusation pour corruption par la commission pour les crimes économiques et financiers (EFCC).

Les maisons mères des deux compagnies nient tout comportement illégal. Selon le directeur général d’ENI, Claudio Descalzi, son groupe et « Shell ont bien payé le gouvernement nigérian », et ils ne sont ni impliqués, ni comptables de l’utilisation qui a été faite de cet argent.

S’ils sont condamnés, les deux groupes risquent de perdre leurs droits sur l’OPL 245 (le champ pétrolier offshore) et d’être condamnés à de lourdes amendes. La justice italienne enquête également sur cette affaire.

Depuis le début de son mandat, le président Buhari s’évertue à endiguer la corruption dans le pays. Les autorités nigérianes ont procédé à plusieurs arrestations de hauts fonctionnaires de l’administration pour corruption, mais peu ont été condamnés jusque-là.
Le mois dernier, la EFCC a effectué une saisie de plus de 9 millions de dollars en liquide au domicile de l’ancien patron de la compagnie pétrolière d’État, Andrew Yakubu.

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