Les nouvelles règles de l’IAAF obligeraient les femmes produisant un haut taux de testostérone à concourir contre des hommes

Des femmes devront concourir contre des hommes
Caster Semenya aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Credits : Fabrice COFFRINI / AFP

(APN) – L’IAAF, l’organe mère de l’athlétisme a publié de nouvelles règles concernant l’intersexualité dans les compétitions féminines. Les athlètes avec des différences de développement sexuel (DSD) devront soit faire baisser leur taux de testostérone ou concourir avec les hommes. L’Afrique du Sud fulmine.

Les nouvelles règles publiées par la Fédération internationale d’athlétisme commence à faire jaser. Elles abordent l’épineuse question sur l’intersexualité et redéfinissent l’éligibilité aux compétitions féminines. Le Tribunal arbitral du sport aura fort à fort par rapport à ce dossier.

En 2015, une sprinteuse indienne hyperandrogène (qui produit naturellement des hormones sexuelles mâles) avait saisi l’institution chargée d’organiser les championnats du monde d’athlétisme. Cette dernière avait ainsi suspendu les règlements qu’ils adoptaient reconnaissant le bien-fondé de la question.

Trois ans plus tard, un texte de 23 pages est produit par l’IAAF revenant sur les règles d’éligibilité des compétitions féminines. Après avoir effectué une pléthore d’analyses, les résultats montre que la testostérone a des effets d’accroissement sur la masse musculaire, la puissance musculaire et sur la circulation de l’hémoglobine. Par conséquent, un fort taux de testostérone chez une femme conduirait à un gain de performance.

Une mesure contre Caster Semenya ?

L’athlète DSD sud-africaine Caster Semenya, championne olympique et triple championne du monde du 800m peut se sentir visée par cette réforme. En effet, l’IAAF amende largement sa réglementation en écartant les athlètes DSD de certaines disciplines où selon eux, les effets de l’hyper-androgénie ont un impact significatif.

Désormais, une athlète DSD pourra participer sans restriction à toutes les épreuves sauf celles allant du 400m (400m haies inclus) au mile (un peu plus de 1600 m). Seulement, les disciplines où excelle Caster Semenya sont le 400m, le 800m et le 1 500m (toutes incluses dans la restriction). Deux solutions s’offrent à elle : participer aux compétitions masculines, ou ramener son taux de testostérone à 5nmol/L contre 10 actuellement avant une compétition internationale. Plus étonnant encore, des disciplines comme le marteau ou le lancer du poids ne sont pas concernées par cette restriction.

L’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud fustige cette nouvelle réglementation jugée raciste. Aussi, l’ANC affirme que cette mesure vise particulièrement l’athlète sud-africaine visé depuis de nombreuses années par la Fédération internationale d’athlétisme. Quelques années auparavant, un test avait été donnée à Caster Semenya dans le but de prouver que c’est une femme. Plus largement, l’ANC affirme que c’est une loi contre l’Asie, l’Afrique et l’Europe de l’est.

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