Ouganda: un parlementaire incite à la violence conjugale en encourageant les hommes à frapper leur femme pour les discipliner

Un parlementaire ougandais incite les hommes à frapper leur femme pour les discipliner
Onesmus Twinamasiko, membre du Parlement ougandais.
SOURCE: NEWSPULSEONLINE

(APN) – Onesmus Twinamasiko, membre du Parlement ougandais, a déclaré à la télévision nationale que les hommes devraient frapper leur femme afin de les discipliner. Une incitation à la violence conjugale qui a suscité de vive réactions.
« En tant qu’homme, vous devez discipliner votre femme […] vous devez l’attraper, la tacler, la frapper un peu pour vraiment la discipliner » a-t-il déclaré.
Cette déclaration venait répondre aux propos du président Museveni qui, lors de son discours de la journée internationale des femmes, affirmait que les hommes qui tapent leur femme ou leur petite amie sont des « lâches ».
Des propos qui n’ont pas plu au législateur ougandais qui n’a pu s’empêcher de réagir à la télévision nationale, s’attirant ainsi les foudres des internautes.
En effet, les propos de Twinamasiko ont fortement choqué et les internautes se sont largement mobilisés en l’appelant à s’excuser publiquement, et même à démissionner. Le « hashtag » #OnesmusTwinamasikaMustResign est apparu sur Twitter.
Pour se justifier, le parlementaire a déclaré: « je ne parle pas des corrections entraînant des blessures ou la mort mais une gifle me paraît acceptable. C’est juste comme être rappelé à l’ordre […] ma femme m’a déjà giflé et ce n’était pas un souci pour moi car on a réglé notre malentendu. Je l’ai déjà aussi giflé une fois, elle m’avait fait du tort. »
Pour Diana Kagere du Centre de prévention des violences conjugales (Center for domestical violence prevention – CEDOVIP), ces justifications ne sont pas recevables. Elle maintient qu’il doit s’excuser publiquement car rien ne justifie la violence conjugale.
Il faut rappeler qu’en Ouganda, une étude publiée l’année dernière par le gouvernement, révèle que plus d’une femme sur cinq (22%) a déjà été victime de violences conjugales.
Depuis les faits, Rebecca Kadaga – porte-parole du Parlement – a demandé au comité de règles, discipline et privilèges, de gérer cette affaire.

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