Peuples d'Afrique : Les Wodaabes et le culte de la beauté

Les Peuls sont un peuple africain descendant des habitants du Sahara préhistorique, vivant actuellement dans la bande sahélienne et  comptant environ 30 millions d’individus se répartissant dans une quinzaine de pays sur le continent. Initialement nomades, ils se sont sédentarisés avec le temps. Néanmoins, parmi eux, une tribu a gardé son mode de vie ancestral : ce sont les Wodaabes

Qui sont-ils ?

Les Wodaabés (ou Bororos – à ne pas confondre avec les Bororos d’Amazonie) sont un sous-groupe Peul présent majoritairement au nord du Nigéria et au sud du Niger. On les retrouve également au nord-est du Cameroun, au sud-ouest du Tchad et en République Centrafricaine. Leur population avoisinerait 3 millions de personnes. Ils sont de confession musulmane. Ils ne pratiquent pas l’agriculture, ce sont des éleveurs, des marchands et sont aussi connus pour être de très bons artisans.

Mode de vie

Exclusivement nomades, les Wodaabés ne possèdent pas les terres sur lesquelles ils vivent, ce qui les empêche de cultiver. Cependant, ce peuple d’éleveurs tient à ses troupeaux, dont la taille détermine le niveau de richesse sociale. Si leur survie repose entièrement sur leurs troupeaux, ils ne leur donnent pas que du lait. Ces bêtes marquent  et accompagnent tous les moments de la vie d’un Bororos (homme ou femme), de la naissance à la mort, depuis le taureau égorgé pour l’imposition du nom jusqu’à celui sacrifié pour honorer les morts. D’ailleurs, en saison des pluies les Wodaabés effectuent du nomadisme du nord du Nigeria au sud du Niger, à la recherche des pâturages pour leurs troupeaux.

Malgré le fait que les Wodaabés vivent et se déplacent en petits groupes de famille à travers le désert du Sahel, ils sont unis et solidaires à leur communauté. Une manifestation de cette unité est le grand rassemblement annuel du clan : le Worso.

Le Worso

Après la souffrance de la longue saison sèche, le Worso (fête du printemps) est l’occasion de fêter toutes les naissances et tous les mariages de l’année. C’est aussi l’occasion de célébrer la joie d’être ensemble, de se retrouver avec la famille et les amis. Le premier jour, pour ouvrir les célébrations, les anciens organisent le sacrifice d’un taureau et comme ce n’est pas un acte anodin, on purifie les mains et le couteau qui ont tué la bête. Pendant cette cérémonie, les femmes mariées qui ont accouché et qui avaient rejoint leur famille pendant au moins 2 ans (comme le veut la tradition) sont autorisées à rejoindre leur mari.

Le Guéréwol ou le culte de la beauté

L’autre grand festival de musique et de danse incluant un concours de beauté est le Guéréwol. Il  dure 7 jours et 7 nuits. Au cours de celui-ci, les jeunes hommes souvent sous l’emprise de substances hallucinogènes se maquillent pendant des heures afin d’augmenter leurs chances de gagner. Ils doivent aussi bien danser (le «Yaake»). Les anciens du village désignent trois juges femmes d’un haut rang social. Les critères de beauté sont les suivants :
– une taille élancée, athlétique et des plumes d’Autruche qui mettent leur silhouette en valeur.
– un visage aux traits fins maquillé en rouge
– de grands yeux soulignés d’un crayon noir
– un visage symétrique mis en valeur par des motifs noirs, jaunes et blancs.
– Un nez dit « Romain » avec des flèches dessinées en rayure à l’argile blanche
– de longues tresses ornées de cauris qui symbolisent la fertilité et la richesse.
– de belles dents blanches.
– leur qualité de danseur.
À l’issue du concours, les vainqueurs vont dans les bois avec les juges et d’autres jeunes femmes pour essayer de gagner le droit de passer la nuit ou plus avec l’une d’entre elles. Les juges et les autres femmes (même mariées) peuvent choisir de se faire voler par un bel homme laissant ainsi leur mari pour la nuit ou pour la vie. En effet, s’ils décident de se marier, le premier mariage est annulé (le concubinage étant interdit chez les Wodaabés). Certains parlent ici de «monogamie successive» et non de polygamie.

Ainsi les femmes peuvent avoir de nombreux maris à la suite et ont le droit d’avoir des rapports sexuels avec qui elles veulent avant le mariage dans cette tribu matriarcat.

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