Polygamie : Un centrafricain épouse ses 3 concubines le même le jour

C’est devant près de 400 personnes qu’une cérémonie de mariage inédite a eu lieu ce samedi 28 janvier à l’hôtel de ville de Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

Émile Gros-Raymond Nakombo, le maire de Bangui officiant le mariage, s’en souviendra surement encore très longtemps. Il s’agissait non pas d’unir un homme avec une femme, mais plutôt d’unir par le lien sacré du mariage un homme avec ses trois concubines simultanément. Du jamais-vu?!

Après 28 années de vie commune qu’on imagine fort bien animées et quatorze enfants à la clef, Martien Ningoumou, l’heureux époux, a enfin pu faire passer ses trois «?ex?» concubines au statut d’épouses légitimes.

Débat houleux sur Facebook

Sur les réseaux sociaux, ce mariage insolite a suscité beaucoup de passion, notamment sur Facebook où (des centaines d’internautes) ont exprimé leur indignation devant ce que certains ont qualifié d’immoral, d’absurde ou encore de malsain, d’autres arborant des arguments religieux pour dénoncer ce mariage.

Interrogé sur la question, un internaute a quant à lui exprimé sa déception devant ces personnes qui selon lui renient leur culture bantoue. Pour lui, avant de s’indigner, il faudrait d’abord se rappeler que dans notre culture africaine, la polygamie est normale. Autant vous dire que le débat fût animé?!

Que dit la loi sur la polygamie

La polygamie est un fait de société de ce qu’il y a de plus normal en Afrique. Et puisqu’il s’agit de la RCA, il est intéressant de savoir que la législation en vigueur à Bangui autorise les hommes à épouser jusqu’à quatre femmes.

Au Kenya, la loi permet à un homme d’épouser autant de femmes qu’il le souhaite, tout en refusant le droit à une femme de s’opposer à son mari d’en épouser d’autres.

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, elle est aussi autorisée par la loi. Au Sénégal par exemple, il suffit de choisir son statut matrimonial durant les démarches administratives précédent la cérémonie. Au Bénin, par contre, depuis 2004, le code des personnes et de la famille n’autorise que la monogamie.

Divergences entre la société moderne et l’héritage culturel

Chaque pays a donc sa propre législation en ce qui concerne les régimes matrimoniaux. Il faut surtout comprendre que chaque société prend en considération sa dimension culturelle dans l’élaboration de son code civil.

Le mariage revêt une dimension culturelle et sociale avant d’y apposer les questions religieuses divergentes. L’islam permet la polygamie, pendant que le christianisme ne l’autorise pas. Et qu’en est-il des religions «?africaines?»

Sans vouloir alimenter le débat sur le bien-fondé de la polygamie, nous noterons tout de même que la question met en lumière les contradictions entre notre société «?moderne?» et nos coutumes africaines.

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