[Dossier 8 Mars] Dominique Ouattara : «première dame d'affaires» de Côte d'Ivoire

Dominique Ouattara
Dominique Ouattara
© Afrikipress

Être devenue la première dame de la Côte d’Ivoire n’est pas un aboutissement pour Dominique Ouattara. L’épouse du chef de l’État est avant tout une femme d’affaires chevronnée, qui a mis de côté sa vie professionnelle pour se consacrer à sa fonction de Première Dame et aux œuvres humanitaires.

Dominique Claudine Nouvian, de son nom de naissance, est née le 16 décembre 1953 à Constantine en Algérie. Elle s’installe en Côte d’Ivoire en 1975 avec son premier époux, Jean Folloroux, avec qui elle a deux enfants. Il décédera neuf (9) ans plus tard.
Elle rencontre Alassane Ouattara en 1985, il était alors responsable de la branche Afrique du FMI. Ils se marient en 1991, et en 2011, à son accession à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire, elle devient de facto la Première Dame de la Côte d’Ivoire.

Une vie professionnelle au pas de course

En 1979, Dominique Ouattara quitte son emploi à l’ONU et prend la tête du groupe AiCi. Après avoir renforcé la présence de son entreprise dans les grandes villes ivoiriennes, elle décide en 1989 de faire de la France la vitrine européenne du groupe. Elle y ouvre une agence dans le 16e arrondissement de Paris, puis une autre à Cannes, deux ans plus tard.

En 1993, le groupe AiCi International renforce sa croissance et sa présence à Paris avec l’acquisition de «Malesherbes Gestion», un cabinet de gestion de syndic de copropriétés qui gère plus de deux cents immeubles parisiens.

En 1998, deux ans après avoir été nommée PDG et CEO d’EJD, institut qui gère l’Institut Jacques Dessange à Washington, Dominique Ouattara acquiert les franchises Jacques Dessange aux États-Unis et devient alors PDG de French Beauty Services, qui gère toutes les franchises américaines de la marque.

Son dur labeur est plébiscité en 2000, à Venise, où elle décroche le prix de la «?meilleure femme d’affaires?» de Leading Women Entrepreneurs of the World.

En 2001, elle continue l’expansion du groupe AiCi en l’installant au Gabon, puis au Burkina Faso en 2006.

Fondation Children Of Africa

Dominique Ouattara est l’héroïne d’une success story d’affaires.

En 1998, soucieuse du bien-être des enfants d’Afrique, Dominique Ouattara crée la fondation Children of Africa avec l’objectif de leur apporter de l’aide, de l’écoute et de l’affection.

À la suite de l’élection à la République de Côte d’Ivoire de son époux, elle cesse ses activités de businesswoman et se consacre à sa nouvelle et à sa fondation.

De nombreux bénévoles et donateurs se joignent à sa cause et ont permis qu’à ce jour :

  • 109.000 enfants ont eu accès à la lecture gratuitement;
  • 97.000 enfants ont été déparasités;
  • 64.000 enfants ont été vaccinés (Méningite et fièvre typhoïde)
  • 62.000 kits scolaires ont été distribués
  • 59.000 enfants ont été suivis durant le passage de la caravane ophtalmologique
  • 13 centres d’accueil sont subventionnés à travers l’Afrique
  • 10 salles multimédias ont été construites
  • 8 bibliobus sillonnent la Côte d’Ivoire pour donner accès à la lecture et à l’outil informatique aux enfants

Un des plus gros projets de la Fondation est la construction de l’hôpital mère-enfant de Bingerville. Cet hôpital aidera à réduire le taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile et à prévenir les risques de transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Sa fondation est présente dans dix pays d’Afrique. Elle explique qu’elle a toujours été meurtrie de voir la pauvreté : «Lorsque mon mari travaillait pour le FMI, je l’ai accompagné dans plusieurs de ses missions en Afrique et j’ai eu envie d’étendre ce que je faisais en Côte d’Ivoire à toute l’Afrique.»

Une première dame de cœur

En tant que première dame, en plus de sa fondation, Dominique Ouattara s’est investie dans de nombreuses causes.

Reconnue pour son engagement contre le travail des enfants, le 03 novembre 2011, le Président Ouattara la nomme Présidente du Comité National de Surveillance des Actions de Lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des Enfants (CNS). Sous sa présidence, le CNS a adopté et déployé des plans qui ont permis le reclassement de la Côte en catégorie 2 dans les rapports du département d’État américain sur la lutte contre la traite des personnes.

Elle lance le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) pour l’autonomisation des femmes démunies. 110.000 femmes en bénéficient. Elle a reçu en mars 2016 de la Chambre de Commerce Américaine, le «U.S.-Africa Business Center Outstanding Leaders’ Award» pour son engagement en faveur de la promotion de l’entreprenariat féminin.

La première dame est aussi très engagée contre le SIDA. En témoignent l’hôpital mère-enfant de Bingerville, son adhésion à l’OPDAS, et sa nomination comme Ambassadrice Spéciale de l’ONUSIDA, pour l’élimination de la Transmission Mère-Enfant du VIH et pour la promotion du traitement pédiatrique.

Une première dame d’entregent

Bien des Ivoiriens sont persuadés que la fortune et le carnet d’adresses de madame Ouattara ont été d’une grande aide à son époux. On lui prête le pouvoir d’avoir intercédé en sa faveur pour que l’ancien président, Félix Houphouët-Boigny, en fasse son Premier ministre en 1990.

Ses appuis, pour financer sa fondation, sont des grands du show-biz et des personnalités telles qu’Albert de Monaco et la princesse Ira de Furstenberg, qui est la marraine de la fondation.

L’industriel Martin Bouygues, qu’elle connaît depuis 1988, et Jean-Christophe Mitterrand étaient présents à son mariage avec Alassane Ouattara, célébré à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Les Ouattara sont aussi très proches des Sarkozy, et Dominique une amie de Cécilia, l’ex-épouse de l’ancien président français.

 

Laisser un commentaire