Les Pygmées, un peuple en voie de disparition

Ce peuple d’Afrique Centrale à la morphologie singulière voit aujourd’hui son habitat menacé par plusieurs phénomènes. Très difficile à recenser, certaines études estiment leur population entre 100 000 et 200 000 personnes.

Qui sont les pygmées ? 

Les Pygmées (qui vient du latin Pygmaos signifiant « haut d’une coudée ») sont un peuple composé de plusieurs ethnies telles que les Twa, les Aka, les Baka, les Mbuti etc., parlant plusieurs langues et habitants la forêt équatoriale d’Afrique Centrale.

Ce « peuple de la forêt » présente des particularités génétiques déterminées par l’environnement dans lequel il vit. La taille moyenne des pygmées est inférieure à 1,60 m. D’après le Centre national de recherche scientifique français (CNRS), les premiers Pygmées remonteraient à 60 000 ans avant notre ère. Ils se seraient séparés il y a 20 000 ans en deux groupes, se retrouvant ainsi à l’Ouest (Congo, Cameroun, Gabon, République Centrafricaine et RDC) et à l’Est (Nord-Est de la RDC, Rwanda et Ouganda) de l’Afrique Centrale.

Mode de vie

Les Pygmées se constituent en groupes nomades de 20 à 30 personnes et vivent traditionnellement de chasse et de cueillette. Les méthodes de chasse diffèrent selon les groupes mais les outils restent les mêmes (arcs, flèches et lances). Néanmoins, certains pygmées se sédentarisent progressivement vivant d’agriculture dans la savane.

Leur lien avec la forêt est intrinsèque. En effet, ils vouent un culte et protègent la forêt qui fait partie intégrante de leur identité culturelle (le mot Jengi qui désigne l’esprit de la forêt est commun à toutes les branches pygmées) ; elle est la source leur religion, de leur pharmacopée et elle est leur moyen de vivre.

Cependant leur écosystème est bafoué et leur survie est menacée par plusieurs facteurs.

Un peuple constamment mis en péril

La principale cause des mésaventures vécues par les Pygmées est la non-reconnaissance par les États de leurs droits territoriaux. En effet alors qu’ils vivent en forêt depuis des millénaires, qu’ils en prennent soin et qu’ils en sont dépendants sur tous les plans, les Etats ne leur reconnaissent pas la propriété de ces forêts. Cet état des choses favorise les exploitants forestiers et souvent les États qui peuvent s’emparer des terres ancestrales des Pygmées sans être inquiétés par la justice et sans être obligés de verser une quelconque compensation (financière ou matérielle).

Ainsi, les Pygmées qui ne sont donc pas reconnus comme des indigènes, sont expulsés, sans consultation, de leur habitat naturel au profit parfois de programmes de protection de la biodiversité (comme en Ouganda en 1991 dans la forêt de Bwindi où ils étaient interdits de chasse et de cueillette avant d’être déplacés). S’ajoute à cela la déforestation opérée par des compagnies attirées par les ressources (bois et minéraux) présentes sur ces terres et/ou désireuses  de faire de l’agriculture ou de l’élevage industrielle.

Ces peuples voient non seulement leurs droits et besoins piétinés et se voient forcer à l’exode.

Quelles conséquences pour les Pygmées ? 

Privés de toute la base de leur patrimoine culturel et de leur moyen de survie, les Pygmées sont perdants à tous les niveaux. Déplacés et marginalisés, ils vivent dans une extrême pauvreté. Leur santé est devenue précaire, ils sont victimes de discrimination et sont considérés par beaucoup comme des sous-hommes. Dans certains cas ils sont exploités et maltraités (on peut parler d’esclavage). De plus, sans la forêt, ils ne peuvent enseigner leur connaissance et perpétuer leur culture : ce qui conduit à une destruction de leur identité.

Quelle est la suite pour ce peuple ? Qu’attendent les autorités pour réagir et enfin leur reconnaître des droits ?

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