Racisme – L'afrophobie, une réalité en Inde ?

L’inde, un pays raciste ? © Le Monde

Le racisme anti-noir est une forme de racisme qui vise à dévaloriser les personnes de couleur noire. En Inde, cette discrimination liée à la couleur de la peau a de grandes conséquences aussi bien physiques que psychologiques. Les Africains ou Afro-Américains sont souvent insultés et humiliés dans ce pays pourtant à fort taux de métissage. Violentes agressions, injures, drames divers et mêmes meurtres sont dirigés contre les Africains chaque année.

En dépit de la récurrence des violences sur les Africains, le gouvernement indien n’a pas encore pris des mesures radicales contre les agressions à caractère racial. Ce déni de réalité des autorités favorise la croissance de la négrophobie qui s’accroît d’année en année. À la suite de l’agression de jeunes nigériens le 27 mars, des diplomates africains ont tapé du poing sur la table. Au travers d’un communiqué, datant du 3 avril 2017, ils ont pointé du doigt le laxisme des pouvoirs publics dans cette affaire en particulier, et concernant la question du racisme en Inde en général. Les représentants africains se disent désormais prêts, à faire appel à des experts internationaux pour défendre les droits des Africains en Inde.

Les Indiens préfèrent les teints clairs

La question du racisme en Inde est épineuse et divise l’opinion nationale. Le peuple indien se compose d’individus assez clairs de peau et d’autres plus foncés. À ce niveau, le racisme anti-noir peut être perçu comme un racisme entre eux-mêmes. Cependant la compréhension de ce phénomène se trouve dans les mœurs et la mentalité indienne.

Pour de nombreux Indiens, les individus à la peau claire ou blanche sont considérés comme favorisés par la nature. Par contre, ceux qui ont le malheur d’être trop sombres sont rejetés et discriminés par la société. Ce rejet de la peau noire serait lié au système de castes selon plusieurs théories. Par exemple, les Dalites, encore appelés les « intouchables », constituent la caste la plus pauvre de l’Inde. De par leur profession, les personnes de cette caste étaient souvent exposées au soleil d’où leur couleur de peau plus foncée. Les noirs actuels auraient hérité de la mauvaise fortune de ceux que l’on considère comme leurs ascendants. Pour d’autres, en revanche, ces différences de traitement viendraient de l’influence de la femme occidentale que les indiens trouvent belle, attrayante et indépendante. Être plus claire, c’est être plus beau.

Un complexe qui ne date pas d’hier

Le complexe de la peau claire est profondément ancré dans les mœurs. Le teint blanc se veut sauveur. Les crèmes éclaircissantes sont en vente partout dans le pays. Dans les films, les clips ou encore les publicités, le teint blanc a été mis en avant pendant de longues années. Les Indiens l’ont d’ailleurs baptisé le « syndrome de Blanche-Neige ». Cette forme de discrimination à l’écran ne prend fin qu’en août 2014.

La réglementation contre les discriminations à l’écran empêche aux chaines de publicités de renforcer les stéréotypes péjoratifs envers les peaux noires. Or, les Indiens ont eu le temps d’enraciner les complexes liés à la couleur de peau. Cependant, l’on estime qu’ils – les stéréotypes — jouent pour beaucoup dans le fait que de nombreux Indiens veulent se faire blanchir la peau.

En Inde le racisme est principalement « négro-africain »

Le racisme anti-noir en Inde est accablant et outrageant. Les principales victimes du racisme anti-noir en Inde sont les Africains. Ils sont souvent victimes d’agressions verbales ou physiques pouvant aller jusqu’à la mort. Et pourtant, c’est le pays dans lequel on ne s’attendrait pas à rencontrer quelque forme racisme. En effet, la colonisation a favorisé le métissage. Malheureusement il semblerait que la population ait toujours eu un complexe de supériorité concernant la couleur noire. Détester la couleur noire est devenue une coutume en Inde, semble-t-il.

Les incidents xénophobes et racistes se multiplient dans les principales grandes villes indiennes, dont New Delhi. Aussi appelés « Kalu Kalu » qui signifie noir en Hindi, les Africains sont accusés d’apporter en Inde des mauvaises pratiques telles que la prostitution ou encore le trafic de drogue. Aujourd’hui en Inde, beaucoup préfèrent ne pas se mêler aux étrangers, car ils ne veulent pas de mélange de races. Plus de 90 % des unions sont célébrés entre personnes de mêmes religions ou de mêmes castes.

Les noirs vecteurs de tous les maux ?

En 2014 ,le monde entier découvrait la vidéo d’un jeune étudiant africain tabassé par une foule d’Indiens. Cette scène filmée dans le métro avait suscité une vive émotion  sur les réseaux sociaux. La même année, un Nigérian, supposé trafiquant de drogue, avait été tué dans l’état de Goa. Un ministre d’État avait alors déclaré que « les Nigérians sont un cancer » et qu’ils devraient donc être expulsés. Il était soutenu par un député qui avait fait installer une banderole « Nous voulons la paix à Goa, dites non aux Nigérians, dites non à la drogue ».

Le 20 mai 2016, un professeur de français originaire du Congo etait abattu à New Delhi. Quelques jours après ce drame, un étudiant se faisait attaquer pour une place de parking par son voisin indien à Hyderabad. La même année un Congolais décédait des suites d’une blessure après une querelle au sujet d’une course. Le jeune homme avait été lapidé par trois agresseurs. La semaine dernière à Greater Noida, des étudiants nigérians ont été passés à tabac par la foule. Des actes comme ceux-là, il y’en a chaque année dans un pays d’apparence accueillant.

Un gouvernement sourd

Pour le moment, le gouvernement indien brille par son manque de réaction. Pire, il nie certains faits. Selon eux, les attaques ne sont pas racistes, mais plutôt criminelles. Il s’agirait de « malencontreux incidents ». Le ministre du Tourisme et de la Culture, lui, regrette les « incidents » en ajoutant néanmoins que « l’Afrique non plus n’est pas si sure en matière de sécurité ». Une remarque maladroite qui renforcera les stéréotypes sur  l’Afrique et les Africains déjà qualifiés de sauvages dans certaines régions d’Inde.

L’année dernière au mois de mai, la chaîne d’information « Times Now » a consacré une soirée entière à ce sujet. Elle a recueilli de nombreux témoignages auprès de jeunes étudiants africains essentiellement. Plusieurs d’entre eux reconnaissaient être victimes d’agressions en Inde. Un responsable du Bharatiya Janata Party (parti nationaliste hindou au pouvoir) a déclaré sur le plateau : « il n’y a pas de racisme en Inde, car nous ne regardons pas de haut les Africains. D’ailleurs le racisme serait fondé sur quoi ? La couleur ? » Cette posture de l’homme politique indien est conforme à celle des autorités indiennes, qui refusent toujours de reconnaître le caractère raciste dans les agressions subies par les Africains.

44 diplomates disent « ça suffit ! »

Récemment, excédés par le mutisme des gouvernants, des diplomates de 44 pays africains ont protesté contre ces violences en Inde. Ils accusent le gouvernement indien de ne pas protéger leurs ressortissants, de ne pas prendre des mesures contre les agressions racistes. Dans une lettre, les ambassadeurs ont exprimé leur déception face à la réaction plus que passive de l’Inde. Ils déplorent qu’aucune mesures visibles pour empêcher ces violences n’ait été prise. Ils ont donc à cet effet appelé à une enquête menée par des groupes d’experts de défense des droits de l’Homme.

Dans l’affaire du racisme anti-africain en Inde, l’Union Africaine est également mis en cause. Il est reproché à l’institution panafricaine son manque d’implication dans cette affaire. Pour de nombreux Africains, l’UA devrait peser de tout son poids pour mettre la pression sur l’Inde afin que l’intégrité physique et/ou morale des ressortissants africains soit préservée. Que ces derniers soient en Afrique ou ailleurs, l’institution devrait faire prévaloir le respect du droit international en matière de droits de l’homme et s’insurger contre les discriminations de toute forme. La protection des ressortissants Africains devrait être une condition sine qua non dans les relations entre l’Afrique et ses partenaires.

Quelques témoignages des victimes du racisme en Inde

Des témoignages de racisme en Inde sur les Africains se comptent par millier. Tous les jours au moins, un Africain subit une certaine forme de racisme dans ce pays. France 2 est allée à la rencontre d’Africains qui en sont victimes de New Delhi, où une forte communauté d’étrangers réside en banlieue. Sophia, une Ougandaise de 38 ans travaillant dans l’export d’habits et perruques a déclaré aux journalistes ; « On m’appelle singe, on me montre des bananes, me crache dessus… j’ai peur des voisins qui m’accusent de faire du bruit, viennent me menacer avec des bâtons, les Indiens ne nous respectent pas ». Un autre professeur de français affirme que « les parents font peur aux enfants en leur disant que les Africains mangent la chair humaine, qu’ils sont des cannibales… tous les enfants fuient ».

Stéphane, un jeune étudiant congolais, futur ingénieur a exprimé sa peur en ces mots : « C’est dans la rue qu’on t’insulte le plus. On entend nègre, singe, démon… si tu n’as pas les nerfs stables, tu peux te battre. » Il ajoute que les Indiens demandent régulièrement « pourquoi dans votre pays vous êtes noirs. » De passage en Inde pour quelques jours, Ghislain un agent commercial congolais s’est plaint de son séjour, car il a fait objet de plusieurs contrôles policiers. Des contrôles motivés simplement par sa couleur de peau, selon lui. En plus de l’attitude désagréable de la population, il a donné un triste témoignage « Quand je rentre dans un restaurant, on me regarde comme un animal, plusieurs rient pour se moquer ».

Les questions que l’on pourrait se poser sont de savoir si le gouvernement indien se rend compte de la gravité de la situation ? Est-ce que les traitements subis par les Africains ne risqueraient pas de les rendre à leur tour xénophobes ?

 
 

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  1. anysisanubis

    Redressons le peuple noir et remettons a nous battre contre cette maudite race occidentale blanche la liquider serait le mieux comme ca ce sera mieux la haine qui parle

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