RDC : en 9 mois, les violences dans le Kasaï ont déjà fait plus de 3.000 tués

Kasaï violence
Une fosse commune dans le Kasaï. REUTERS/Aaron Ross (REUTERS)

News RDC – depuis le début des violences au Kasaï, près de 3.000 personnes ont déjà été tuées. Des chiffres avancés par la Nonciature apostolique de la République démocratique du Congo. Pour fuir les violences et les innombrables actes d’exactions commis par l’armée et les milices locales, près de 1,3 million de personnes se seraient déplacées.

Alors que l’ONU estime que plus de 400 personnes ont été tuées lors des violences dans le Kasaï, la Nonciature apostolique congolaise est beaucoup plus critique. En effet, selon une note technique fournie par les autorités catholiques de la RDC, le bilan serait beaucoup plus élevé. D’après ce document, ce sont environ 3.383 personnes qui auraient tragiquement perdu la vie dans les nombreux actes de barbarie que connait le Kasaï.

Pour établir un tel chiffre, la Nonciature apostolique s’est basée sur les nombreux témoignages fiables et sur les décès qui lui ont été signalés. Toutefois, elle a tenu à préciser que ce décompte n’est pas exhaustif. Par conséquent, tout laisse à croire que le nombre véritable des disparus serait beaucoup plus important que les chiffres annoncés.

Pour rappel, c’est en septembre 2016 que cette province au centre du pays a été secouée par les premiers soulèvements rebelles. Notamment après la mort du chef traditionnel Jean Pierre Mpandi, tué le 12 août 2016.

Troupes gouvernementales et miliciens responsables des pires atrocités

De cette note technique datée du 19 juin, on y apprend que de nombreuses structures ecclésiastiques ont été attaquées, endommagées ou fermées dans le Kasaï. Ainsi, ce sont 141 écoles catholiques, 34 maisons religieuses, 31 centres de santé catholiques, 60 paroisses et un évêché, qui ont été pris dans ce tourbillon de violence.

 

Toujours selon ce même document, 20 villages ont été complètement ravagés par l’armée régulière et les milices locales. D’après les compilations faites par les responsables catholiques, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) se sont rendues responsables de la destruction de 10 villages. Les miliciens quant à eux ont attaqué et détruit 4 villages. 6 autres ont été la cible d’assaillants dont l’identité n’est pas encore connue.

S’ajoutent à cela les 30 fosses communes qui ont été recensées par la Nonciature apostolique. Pour sa part l’ONU parle de la découverte de 42 fosses communes.

C’est dans cette même province que deux experts de l’ONU avaient été tués à la suite de leur enlèvement le 12 mars dernier. Les corps sans vie de l’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zahida Katalan avaient été finalement retrouvés le 28 mars. Bien que les responsables de ces odieux assassinats courent toujours, l’ONU fait pression sur Kinshasa pour l’ouverture d’une enquête internationale.

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