RDC : offensive de la police contre la secte Bundu dia Kongo

Ne Muanda Nsemi, Chef du Bundu dia Kongo

C’est à Kinshasa dans la nuit du 13 ou 14 février que la police congolaise a lancé l’assaut contre la maison de Ne Muanda Nsemi, chef du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo. L’attaque en viserait plusieurs membres retranchés à son domicile.

L’une des résidences secondaires du député Ne Muanda Nsemi était la cible d’un commando de la police congolaise. Elle était soupçonnée d’abriter les membres de la secte séparatiste Bundu dia Kongo. Les forces de l’ordre ont attaqué à balles réelles et à coup de gaz lacrymogènes.

L’assaut aurait débuté à 4 h 30 autour de la résidence située dans la commune de Ngiri-Ngiri. Selon des témoins, c’est environ vers 11 h que les tirs ont cessé. La police affirme que l’offensive avait pour but de déloger une trentaine de membres suspectés de vouloir créer le trouble dans la capitale.

D’après une source proche de l’opération, ce sont les membres de la secte qui ont ouvert le feu. Propos démentis par Me Futila, chef spirituel et secrétaire général de Bundu dia Kongo. Ce dernier affirme que ce premier assaut a débuté pendant que les membres de la secte faisaient la prière.

La branche politique de Bundu dia Kongo à travers Basangana Ngunga parle d’un bilan de quatre morts. La police parle de victime, mais ne s’avance pas sur le nombre de mort.

Le porte-parole de la police nationale, le colonel Pierre Rombaut Mwanaputu fait état de huit blessés, 22 interpellations, six fusils mitrailleurs saisis et deux voitures brûlées. Il mentionne aussi la présence d’un mouvement insurrectionnel armé dans un autre quartier de la ville. En effet, des tirs auraient été entendus à Joli Park, pas loin de la résidence principale de Nsemi.

Des motifs politiques plutôt que religieux

Cette descente de la police fait suite aux déclarations de Nsemi. Dans une vidéo, il remet en doute la nationalité de Kabila. Il affirme que ce dernier est Rwandais et lui demande de partir. De plus, il urge tous les non natifs de la province du Kongo-Central de quitter celle-ci. Le pouvoir parle de propos «?xénophobes?» et d’un «?outrage au chef de l’État?».

De plus, Basangana affirme que le parti politique de Nsemi n’a pas eu le poste qu’il mérite. Le Président de la secte dans le Kongo-Central, Mavinga Philemon, va dans le même sens. Présentant Ne Muanda Nsemi comme l’initiateur du dialogue, il estime qu’il «?a été payé en monnaie de singe?».

Toujours selon lui, Nsemi aurait demandé le poste de Premier ministre ou de vice-premier ministre. Son Parti n’a reçu qu’un poste de vice ministre.

 

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