RDC :L'UE adopte des sanctions contre neuf hauts-cadres congolais

Parlement Européen

Actualité RDC – Lundi 29 mai 2017, l’Union européenne (UE) a officialisé des sanctions à l’encontre de quelques hauts responsables du régime Kabila . Les personnalités visées par ces sanctions sont pour la plupart liés aux violences dans le Kasaï.

Le weekend, l’information circulait déjà sur la toile, lundi l’UE a officiellement annoncé des sanctions contre des responsables congolais. Ces derniers sont pour la plupart impliqués dans les violences qui sévissent depuis plusieurs mois dans la région du Kasaï.

Parmi les hauts cadres du régime Kabila visés, on retrouve tout d’abord Évariste Boshab et Ramazani Shadari. Le premier est l’ex-vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique jusqu’en décembre 2016 tandis que le second est son remplaçant à ce poste. Boshab est considéré comme l’auteur de la répression qui a sévi dans le Kasai central en aout dernier. Shabari quant à lui, est considéré comme le responsable de l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre dans cette région, perpétrant le schéma de violence établi par son prédécesseur.

Ensuite, des figures politiques régionales ont aussi écopé. Ainsi, l’ex-gouverneur du Haut-Katenga , Jean-Claude Kazembe Musonda ou encore le gouverneur kasaï central Alex Kandé Mupompa. Ce dernier est perçu comme le relai du pouvoir de Kinshasa dans la région.

Enfin, de nombreuses personnalités militaires sont dans le collimateur européen. On retrouve notamment le brigadier général Éric Ruhorimbere, chef des opérations militaires dans le Kasai , et Muhindo Akili Mundos, commandant de la 31e brigade de l’armée congolaise ou encore. De plus on retrouve dans cette liste, le chef milicien Gédéon Kyung , assigné à résidence à Lumubashi, mais dont les hommes continuent à être très actifs dans le Kasai.

La plus grande surprise de cette liste vient de la présence de Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Il est considéré par l’UE comme un élément entravant le processus démocratique en RDC , en utilisant les médias.

Des sanctions pour booster le processus de transition

Les sanctions prises par l’Union européenne se présentent sous trois importants aspects. Premièrement, le gel des avoirs en zone euro, pour les contrevenants. Deuxièmement, l’interdiction de séjour dans l’espace de l’union européenne. Enfin, l’interdiction de percevoir des fonds en provenance de l’Europe.

Pour le porte-parole de L’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ray , il était important d’envoyer un signal fort, au vu des nombreuses violations des droits de l’homme constatées dans ce pays. Il fallait aussi , mettre un frein à la répression engendrée par  les forces de l’ordre qui  s’emploient à l’utilisation excessive de la force contre les populations ou les miliciens . Par ailleurs , Stabiliser le pays en proie à une crise politique est l’objectif principal de l’UE. Ces sanctions viennent donc accompagner les mesures déjà prises dans ce sens .

« L’Union européenne a déjà décaissé 15 millions d’euros pour le processus électoral et elle est prête à faire plus si les conditions sont réunies, a-t-elle expliqué. Donc aussi notre objectif c’est d’accompagner le pays vers des élections libres et transparentes puisqu’on pense que c’est la seule solution durable. »

La diplomate européenne a ensuite mis l’accent sur le fait que l’UE travaillait de concert avec la RDC pour la résolution des problèmes congolais. « On est en contact constant avec les autorités de la RDC, mais également avec les partenaires de la région et internationaux, et on espère que la situation va se débloquer assez rapidement. » A-t-elle ajouté .

En attendant, les autorités congolaises ne devraient pas tarder à faire entendre leur voix, face à ses multiples sanctions et commenter la position de l’UE.

 

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