RDC : Les USA demandent une réduction des effectifs militaires accusant l’ONU d’aider un gouvernement « corrompu »

Des troupes de l’ONU
Des troupes de l’ONU. © MONUSCO

ACTU RDC – L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, a accusé mercredi l’organisation mondiale d’avoir aidé un gouvernement « corrompu » en République démocratique du Congo. Haley a déclaré ce mercredi que l’ONU « aide un gouvernement qui inflige des comportements prédateurs à son propre peuple. Nous devrions avoir la décence et le bon sens d’y mettre fin ».

Les États-Unis entendent réduire d’un quart le plafond des troupes pour la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo, malgré les avertissements de la France et d’autres pays opposés à ces changements drastiques. Le mandat de la mission dans l’État de l’Afrique centrale, connue sous le nom de MONUSCO, expire vendredi.

Nikki Haley prend la situation congolaise en main

L’ambassadrice américaine Nikki Haley envisage d’examiner de près les opérations de maintien de la paix des Nations Unies au Congo. La RDC coute aux Nations unies environ 1,2 milliard $ par an et devrait donc faire l’objet d’un examen minutieux.

Les commentaires de Haley au sujet de l’ONU sont survenus alors que la police suédoise a lancé une enquête sur le meurtre d’une experte suédoise et de son collègue américain. Leurs corps ont été retrouvés lundi dans une fosse au Kasai.

Les deux experts de l’ONU, la Suédoise Zaida Catalan et l’américain Michael Sharp, ainsi qu’un interprète et trois chauffeurs, ont disparu ce mois-ci. Ils enquêtaient sur la violence généralisée et les violations des droits humains commises par l’armée congolaise et les milices locales.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi que l’organisation enquêterait sur la mort des experts. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, a déclaré à la VOA que Zaida Catalan avait été décapitée. Il a précisé que le gouvernement continuerait à chercher les citoyens congolais disparus, sans confirmer si une enquête sur le meurtre des experts aurait lieu.

La province du Kasaï : théâtre de troubles et de violences ces derniers mois

La région du Kasaï est exceptionnellement pauvre et éloignée dans un pays au bord de l’anarchie et dépourvu d’infrastructures publiques. Personne issu de cette région n’a jamais dirigé le Congo. Le Kasaï est la province d’origine du récemment décédé leader de l’opposition Étienne Tshisekedi. À travers le Congo, les tensions ethniques se conjuguent avec les sentiments de négligence régionale produisant de multiples conflits à grande échelle.

Le gouvernement congolais se bat contre un groupe rebelle qui opère dans la région et aurait enlevé les experts. Ce vendredi encore, des membres d’une milice ont décapité environ 40 policiers. La violence au Kasaï a été déclenchée par le meurtre du chef traditionnel Kamwina Nsapu, qui dirigeait un soulèvement contre le président Joseph Kabila.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’apprête à voter vendredi sur une résolution prolongeant le mandat de la MONUSCO dont le rôle principal est de protéger les civils. Les États-Unis aimeraient limiter l’aide de l’ONU au Congo, jugeant son gouvernement corrompu. Quelles seraient alors les alternatives pour les civils victimes des dommages collatéraux de cette crise ? Affaire à suivre.

Laisser un commentaire