Recul de la liberté de presse en Afrique de l’Ouest : entre violation des conventions et rigueur des autorités

La liberté de la presse en Afrique de l’Ouest remise en question. © Guineeconakry.info

 

L’année 2017 s’annonce tendue pour les organes et professionnels de la presse en Afrique de l’Ouest.

Accusés par les autorités de régulation de plusieurs délits, les sanctions qui en ont découlé ont généralement été jugées au mieux sévères et au pire comme une atteinte à la liberté de presse, d’autant plus que se sont des médias indépendants ou de l’opposition qui sont inquiétés.

Togo, la campagne #TouchePasAMesMedias se poursuit

La décision de suspendre l’émission de la chaîne de télé LCF et de la radio City FM du Groupe Sud-Media le 7 février dernier n’a pas été unanime au sein de la HAAC. Accusée de n’avoir obtenu «?aucune autorisation régulière d’installation, et d’exploitation auprès de la Haute Autorité?», la direction du Groupe affirme l’existence des dossiers de ses médias auprès de la HAAC.

Les organisations de la société civile organisent une marche les 14 et 15 février afin de demander à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) la réouverture sans condition des organes concernés. Toutefois, la HAAC attend la décision de la Cour Suprême qui doit statuer sur la saisine d’un membre de la HAAC qui dénonce une décision prise sans l’avis de tous les membres de l’institution.

Trois autres radios, à savoir La Voix de Vo, Radio Dawul et Radio Badou sont également accusées d’existence illégale.

Côte d’Ivoire, arrestation de journalistes pour diffamation

Six journalistes des quotidiens Soir Info, Le Temps, Notre Voie et l’Inter sont détenus depuis le 12 février dans le plus grand camp de gendarmerie de la Côte d’Ivoire suite à la mutinerie des Forces spéciales à Adiaké pour «?diffusion de fausses nouvelles, incitations de militaires à l’insoumission et à la rébellion, atteintes à l’autorité de l’État et publication d’informations fausses se rapportant au secret de la défense et à la sûreté de l’État?» selon le Procureur de la République.

Les organisations des médias et le Syndicat national de la presse privée de Côte d’Ivoire ont condamné ces arrestations et exigé leur libération immédiate.

Bénin, suspension de trois médias pendant 2 mois

Les chaînes de télévision E-Télé et Eden TV ainsi que la station de radio Soleil FM ont été suspendues pendant deux mois par La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) pour violation de la convention qui les lie à l’autorité de régulation, notamment le changement du lieu d’émission sans information préalable à la HAAC.

Grâce à une forte mobilisation de l’Union des professionnels des médias et de la société civile, la HAAC a levé la sanction en janvier 2017 les autorisant à émettre sur le territoire national.

Selon le classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières, le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire ont des «?problèmes significatifs?» avec la liberté de presse.

 

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