Rétro 2017 : les actualités ayant le plus marqué votre année

Africapostnews (APN) – Plus tôt cette semaine, nous vous avons demandé par le biais de notre compte Twitter, quelles étaient les actualités ayant le plus marqué votre année 2017. Afin d’éviter toute subjectivité, il fut décidé de revenir sur les actualités les plus citées.

La chute de nos dinosaures (dictateurs)

Cette année 2017 a été fatale à trois chefs d’Etat à la tête de leurs pays depuis des décennies.

Tout commence en décembre 2016 lorsque le gambien Yahya Jammeh perd les élections contre toute attente, face au seul candidat de l’opposition, après avoir dirigé la Gambie d’une main de fer pendant vingt-deux ans. Après avoir reconnu sa défaite dans un premier temps, l’ancien président décide finalement de revenir sur sa décision une semaine plus tard. Dès lors, le dictateur est soumis à de fortes pressions aussi bien de son peuple que de la Cedeao et des Nations unies. Après une intervention de l’armée sénégalaise, Yahya Jammeh est contraint à l’exil le 21 janvier 2017. Selon le trésor public américain, le gambien s’est envolé en Guinée Equatoriale avec plus de 42 millions d’euros détournés des caisses de l’Etat.

Yahya Jammeh (Gambie), Robert Mugabe (Zimbabwe) et Dos Santos (Angola) ont tous trois quitté le pouvoir après plusieurs années à la tête de leurs pays respectifs.

Contrairement à Jammeh, José Eduardo Dos Santos peut s’énorgueillir d’un départ par la grande porte. En effet, après trente-huit ans au pouvoir, l’ancien président angolais a mieux organisé sa sortie en optant pour une retraite anticipé au motif de soucis de santé. Si au début Dos Santos voulait passer la main à l’un de ses fils, il céda finalement la place à Joao Lourenço, candidat du parti et vainqueur des élections en 2017. Toutefois, ce dernier s’avère iconoclaste depuis sa prise au pouvoir. Ainsi, Isabel Dos Santos considérée comme « femme la plus riche d’Afrique » et tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, a été limogée.
Le père de l’indépendance zimbabwéenne Robert Mugabe, est tombé après plus de trente-sept ans au pouvoir en voulant imposer sa femme comme successeur. En effet, Grace Mugabe étant loin de faire l’unanimité au sein du parti, la tentative eut pour conséquence la chute du dictateur dont les cas Jammeh et de Dos Santos n’ont apparemment pas servi de leçon. Toutefois, tout comme Dos Santos, Robert Mugabe a su négocier son départ puisqu’il a bénéficié lors de son départ d’une
prime de 10 millions de dollars (environ 8,4 millions d’euros) et d’une rente à vie en plus de la garantie d’un logement et de plusieurs voitures.
Enfin, face à ces nouveaux changements au sein des régimes africains, l’élection récente de Georges Weah peut être considéré comme un nouveau signe d’espoir pour notre continent. Ancien footballeur et issu de la société civile, ils sont des millions de libériens (et africains) à miser sur lui. Puisse le temps lui donner sa chance.

La mobilisation contre l’esclavage en Libye

L’esclavage en Libye n’est pas une actualité de l’année 2017 au sens où il ne s’agit pas d’une nouveauté. Par contre, la mobilisation à l’encontre de cette activité inhumaine est d’une ampleur sans précédent et mérite d’être soulignée. Malheureusement, il aura fallu la diffusion d’images par la chaîne CNN pour que la mobilisation se fasse, en écho avec les multiples articles lancés par de nombreux journalistes.

Tout commence en avril dernier, lorsque l’OIM publie un rapport révélant l’existence de « marchés aux esclaves » qui touchent des centaines de jeunes Africains en route vers la Libye. Malgré ce document officiel, renforcé par le témoignage du chef du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), les faits sont passés sous silence et ce malgré de nombreux articles publiés par les médias.

Il aura donc fallu la diffusion d’images-chocs extraites d’un documentaire pour que l’opinion publique relance le débat, entre indignation et désolation. Ces images n’ont pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux. Plusieurs personnalités avaient relayé les appels à manifester. À Tripoli, le vice-premier ministre du gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a annoncé l’ouverture d’une enquête. De plus, le sujet fut mis à l’ordre du jour du sommet Union africaine – Union européenne des 29 et 30 novembre à Abidjan et de nouvelles mesures devraient être mis en place dès 2018 en plus de celles ayant suivies à la vague d’indignation.

Le maintien au pouvoir de Joseph Kabila

En République Démocratique du Congo, ni la pression diplomatique et civile ni les sanctions économiques des Etats-Unis et de l’Union européenne n’auront eu raison de Joseph Kabila en cette fin d’année 2017. A 46 ans, l’homme à la tête du pays depuis 2001 suite au décès de son père, s’accroche à son poste malgré l’expiration de son mandat depuis plus d’un an (19 décembre 2016). Ainsi, l’actuel président entend rester au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur, prévu courant décembre 2018.

Ce refus de quitter le pouvoir suscite l’indignation de l’opposition et d’une partie de la population. Depuis, les manifestations et violences à l’encontre du régime éclatent de façon récurrente.

La mobilisation de la diaspora gabonaise à l’encontre du régime Bongo

Au Gabon, tout commence lors de la réélection plus que contestée d’Ali Bongo en août 2016. Depuis, plus une semaine ne s’est passée en 2017 sans que la diaspora gabonaise ne se réunisse principalement à Paris, place du Trocadéro, afin de protester contre cette réélection considérée comme frauduleuse. Outre ces manifestations, plusieurs personnalités gabonaises ont vu leur séjour en Occident perturbé suite aux actions entamées par la diaspora. Parmi celles-ci on peut noter entre autres la saturation des standards des hôtels, le campement durant des jours devant ces mêmes hôtels ou encore la perturbation du mariage du fils président du Sénat… A noter que ces manifestant estiment être dans la résistance à Bongo dans ce qu’ils font. Ali Bongo en a lui-même fait les frais lors de son précédent voyage à Paris ; un voyage qui fait écho à ces précédents déplacements en Allemagne et aux Etats-Unis.

Les manifestants gabonais sur le parvis des droits de l’homme à Paris

Toutefois, un dialogue politique fut organisé entre l’opposition et la majorité. Cependant, ce dialogue est de facto non inclusif puisque l’opposition la plus représentative, à savoir celle derrière Jean Ping, a refusé d’y participer. D’ailleurs, il ne reste plus que quelques heures à ce dernier pour tenir sa promesse (pour rappel, il avait promis qu’Ali Bongo ne serait plus président du Gabon d’ici le 31 décembre 2017).

Les attaques terroristes

L’Afrique reste en 2017 le continent le plus touché par le terrorisme. Pour l’heure seul l’Afrique australe semble partiellement épargnée par la vague terroriste au détriment de l’Afrique du Nord, de l’Ouest et de l’Est qui sont malheureusement fréquemment frappés par ces attaques.

La violence terroriste sévit quasi quotidiennement en Afrique. Dans la semaine qui a suivi l’attaque sans précédent de Mogadiscio (près de 360 morts) cinq nouveaux attentats ont été perpétrés sur le continent. Au total, au moins 2600 personnes ont été tuées en 2017 dans la région, selon un décompte des principaux attentats à partir du 1er janvier. La très grande majorité des attaques survenues depuis janvier ont été perpétrées par des terroristes islamistes, essentiellement issus de trois groupes : les Shebab, Boko Haram et le groupe Etat islamique, notamment ses branches au Sinaï et en Somalie. De plus, outre les mouvements islamistes, des rébellions régionales, comme par exemple les Kamwina Nsapu en République démocratique du Congo, aggravent les violences.

Par ailleurs, l’avertissement lancé par le commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité n’est guère de bon augure quant à l’année 2018…

La crise anglophone au Cameroun

Au Cameroun, la minorité anglophone, c’est-à-dire 20 % des 22 millions de Camerounais, proteste contre sa « marginalisation » depuis novembre 2016. Depuis, la situation dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a cessé de se dégrader tout au long de cette année. Cette année a notamment été marquée par la privation de la connexion internet pendant des mois.

Comme dans les années 1990, plusieurs tendances s’affrontent parmi les anglophones entre les partisans du retour au fédéralisme et ceux qui veulent la partition, coûte que coûte. Par ailleurs, pour le gouvernement les sécessionnistes sont désormais synonymes de terroristes depuis que certains séparatistes anglophones ont annoncé au mois d’août, via les réseaux sociaux, la constitution d’un groupe armé indépendantiste. Le déroulement de la crise, loin d’être résolue, reste plus que jamais à suivre durant cette nouvelle année 2018.

Le Cameroun vainqueur de la CAN

En février 2015, l’équipe du Cameroun a remporté la Coupe d’Afrique des nations de football pour la cinquième fois de son histoire, face à l’Egypte (2-1).

© RFI

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