Santé : la gonorrhée de plus en plus résistante aux antibiotiques

La baisse de l’utilisation du préservatif favorise la propagation de la gonorrhée. La maladie quant à elle devient de plus en plus difficile à soigner © gabonactu

Santé (Africapostnews) – L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a, cette semaine, alerté sur la recrudescence de cas de gonorrhée résistante aux antibiotiques. De nouveaux médicaments pour lutter contre la maladie seraient donc nécessaires.

Dans un communiqué de presse diffusé jeudi 7 juillet, l’OMS a tiré la sonnette d’alarme sur la gonorrhée qui deviendrait de plus en plus difficile à soigner. En effet, les conclusions d’une étude sur l’infection sexuellement transmissible (IST) menée dans pas moins de 77 pays sont inquiétantes. L’OMS fait état d’un nombre de cas importants où la bactérie responsable de l’IST résiste aux antibiotiques, la rendant difficile à traiter, parfois impossible. L’on a jusqu’ici recensé trois cas incurables de gonorrhée en France, en Espagne et au Japon notamment.

Mais ce ne serait que la partie visible de l’iceberg. La gonorrhée, parfois asymptomatique, n’est donc pas souvent diagnostiquée. Quand elle l’est, les antibiotiques les plus couramment prescrits sont les plus accessibles financièrement, mais aussi les moins efficaces actuellement. Surtout dans les pays dits pauvres. Dans ces pays, si la maladie est plus courante, elle reste peu ou mal diagnostiquée. Docteur Teodora Wi de l’OMS explique qu’ « à chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d’antibiotiques pour traiter l’infection, la bactérie évolue pour y résister. »

Un vaccin anti-gonorrhée ?

La gonorrhée, plus communément appelée « chaude-pisse », touche principalement 3 endroits. Le rectum, les organes génitaux, et la gorge. Face à la situation, l’OMS recommande la mise au point de nouveaux médicaments. La recherche-développement pour la gonorrhée doit donc s’intensifier, même si la production de nouveaux antibiotiques reste un investissement peu intéressant pour les laboratoires pharmaceutiques. Un frein dont l’organisation est consciente. Pour palier à cet obstacle, des partenariats ont été réalisés avec différents organismes afin de garantir la production et l’introduction sur le marché de traitements plus efficaces et accessibles à tous. « En l’occurrence, nous avons besoin de nouveaux antibiotiques et de tests de diagnostic rapide et précis […] A plus  long terme, il nous faut un vaccin pour prévenir la gonorrhée », explique le Dr Marc Sprenger, Directeur du Département Résistance aux antimicrobiens de l’OMS.

Si la mise en route d’un vaccin semble être une solution, nous n’y sommes pas encore. En l’état actuel des choses la prévention est plus que jamais de rigueur. Le manque d’information sur la maladie et le tabou lié au sexe sur notre continent sont autant de facteurs qui favorisent la propagation de la maladie. Aussi, la stigmatisation des personnes infectées empêche son identification et son traitement. Les comportements sûrs doivent absolument être adoptés. Transmise lors des rapports sexuels (anaux, vaginaux ou oraux), non protégés, le port du préservatif reste pour le moment le moyen le plus efficace de prévention contre cette maladie.

Selon l’OMS, environ 78 millions de personnes sont infectées par la gonorrhée chaque année. Non traitée cette IST peut causer chez la femme, des maladies inflammatoires pelviennes ou augmenter le risque de grossesses extra-utérine. Chez l’homme, elle peut être à l’origine d’une inflammation de la prostate ou des testicules. Chez les deux, elle peut être responsable d’une infertilité.

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