Scandales sexuels : cette atteinte aux bonnes mœurs si présente chez les politiques africains

Jacod Zuma humilié en public par des manifestants, après le décès de Khwezi la jeune fille qui l'avait accusé de viol
Jacob Zuma humilié en public par des manifestants après le décès de Khwezi, la jeune fille qui l’avait accusé de viol ©buzzsouthafrica

Les hommes politiques représentent l’image d’un pays au plan national et international. Élus par le peuple, ils s’engagent à respecter un certain code moral. Le peuple attend d’eux qu’ils incarnent et défendent des valeurs justes. Pourtant, les affaires de moeurs légères ne sont pas rares au sommet des états. 

L’acte sexuel est l’une des choses les plus intimes qui existent. Ce qui se passe dans la chambre, reste dans la chambre … normalement. Mais comment expliquer que les histoires sexuelles des hautes personnalités politiques se retrouvent sur la place publique ? Elles sont alors l’objet de discussions populaires et font les choux gras de la presse.

L’adultère, une atteinte à l’image politique

L’infidélité en soi n’est pas nécessairement un problème ici. Le véritable ennui est tout ce qui l’entoure : mensonges, conflits d’intérêts, mauvaise presse, etc. Chaque personne est libre de faire ce qui lui plait, y compris sexuellement, tant que la loi l’autorise. En revanche, quand ces actions sont susceptibles d’avoir un impact négatif sur le rôle politique ou l’environnement de travail, on peut parler de complications. Mais surtout, en termes d’image, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux.

Par exemple, lorsqu’un ministre a une relation intime avec l’une de ses collaboratrices et que le mari de celle-ci vient à les trouver en fâcheuse posture, et que l’affaire devient publique, ce n’est pas flatteur pour un gouvernement. De même, un député qui s’adonne aux plaisirs de la chair avec sa secrétaire dans un bureau de l’Assemblée nationale, ce n’est pas ce qu’il y a de plus reluisant pour l’image d’un élu.

Aussi, les promotions canapés et autres semblent être l’opposé des valeurs travail et mérite. Des fléaux qui minent une grande partie des pays du continent.

L’infidélité au féminin

Il ne serait pas juste de ne parler du phénomène qu’en terme masculin. Si les hommes sont souvent sur le devant de la scène à cause de leurs infidélités, les femmes traînent elles aussi leurs casseroles. Bien souvent, elles ne sont pas réellement femmes politiques, mais plutôt épouses d’hommes politiques. Cette fonction les oblige aussi à adopter une attitude irréprochable. Présumées ou avérées les liaisons extra-conjugales de ces femmes doivent cesser le plus rapidement possible afin de ne pas entacher l’image de leurs maris.

L’affaire Winnie Mandela et Dali Mpofu n’aura rien fait pour arranger l’image déjà écornée de celle qui fut aux côtés de Madiba pendant longtemps.

Mais les conséquences sont parfois lourdes. Trois des épouses du Roi du Swaziland se sont vues chassées du palais suite à des accusations d’infidélité. La plus célèbre d’entre elles, Nothando Dube. Son histoire avec le ministre de la Justice leur avait coûté à tous les deux. Lui, son poste, elle, ses privilèges et sa place au palais.

La sextape, la nouvelle arme de destruction

Avec les progrès en matière de TIC, les scandales sexuels eux aussi prennent une nouvelle forme. Avec la génération internet, apparaît un nouveau phénomène : les sextapes. Ces vidéos érotiques ou pornographiques amateurs sont initialement destinées à un usage privé. Objet de chantage ou volonté de nuire à l’image de la personnalité impliquée, elles finissent souvent sur les réseaux sociaux et tournent de portable en portable. Ce qui était à l’origine un moment intime privé, tombe dans le domaine public.

Au Sénégal, la sextape d’un conseiller municipal avait rendu vert de rage le maire de Medina en 2015. La vidéo mettait en scène ledit conseiller couchant avec une jeune fille sur un tapis de prière. Le maire avait tenté tant bien que mal de prendre ses distances avec l’intéressé, stipulant qu’il ne faisait pas partie de la mairie. « Qui n’est pas membre du bureau municipal n’est pas membre du cabinet municipal ». Allez comprendre !

Dernier scandale en date, une vidéo impliquant le secrétaire général du ministère de la Jeunesse en Guinée Conakry. La vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux dans la communauté guinéenne serait la raison du limogeage de ce cadre du parti au pouvoir. C’est en tout cas ce que disent certaines sources, même si aucune raison officielle n’a été donnée.

Faut-il les sanctionner ou pas ?

Face à ce genre d’attitude, la question de la sanction se pose. Doivent-ils démissionner ? Plus la fonction est importante, plus il y a normalement de chance d’être sanctionné. Parfois la pression populaire a raison de ces acteurs amateurs. D’autres fois, ils s’en sortent avec des excuses publiques, mais bien souvent, il n’en est rien.

Des pays comme le Gabon, le Mali ou la Centrafrique ne sont pas en reste en matière de sextape. Ce n’est pas l’ancien ministre de la Défense gabonais Mathias Otounga, qui dira le contraire. La vidéo des plaisirs solitaires du ministre avait fait le tour de la toile. Dans ce cas précis, le concerné n’a pas été inquiété et est resté en fonction.

Le vice-ministre des Postes et Télécommunications congolais, M. Enock Sebineza, ne peut pas en dire autant. En 2016, une  importante mobilisation numérique exigeait sa démission via le hashtag #SebinezaMustGo. Le concerné s’était filmé dans son bureau, drapeau congolais à ses côtés, s’adonnant à un jeu sexuel solitaire. Kabila n’avait pas tardé à sévir et avait signé sa révocation pour manquement grave « aux devoirs déontologiques et éthiques ».

De personnalités politiques à criminels

Si certains actes ne choquent que la morale, d’autres enfreignent carrément la loi. Ainsi, l’ancien président zimbabwéen, Canaan Banana a dû répondre aux chefs d’accusation de « sodomie et autres crimes sexuels » sur ses collaborateurs, durant son mandat de 1980 à 1987. Condamné à un an de prison en 2000, il a été libéré au bout de 8 mois.

Dans un autre temps, Jacob Zuma, l’actuel président de l’Afrique du Sud, a été accusé dans une affaire de viol en novembre 2005. Le président a reconnu un rapport sexuel consenti, et décrié toute accusation de viol. Jugé, il fut acquitté en 2006, et l’affaire ne l’aura pas empêché d’être élu président en 2009.

Le harcèlement sexuel, une notion quasi inconnue chez nous ?

Il est aussi à noter, que certaines personnalités politiques usent de leur pouvoir et notoriété pour abuser de leur subordonnés. Malheureusement ces actes ne sont que très peu dénoncés dans nos sociétés. Le harcèlement sexuel est une réalité, qu’on tente bien trop souvent de faire passer comme un incident mineur ou futile. Présent dans tous les milieux, la politique n’est pas une exception.

Si certains considèrent flatteur le fait de taper dans l’œil d’un homme politique, le « non » reste une réponse possible. Or, beaucoup pensent qu’on ne peut pas refuser les avances d’une personnalité. On ne dit pas non à une autorité. Non, impossible ! En sortant avec cet homme de pouvoir, certaines y voient la garantie de privilèges financiers et matériels, une meilleure vie.

Il est regrettable que certaines personnalités politiques ne soient connues que pour de sombres affaires sexuelles plutôt que pour leur part dans le développement de leur pays respectif. Une chose est sûre, sexe et politique ne font pas toujours bon ménage.

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