Secteur minier africain : Pourquoi les investisseurs sont réticents ?

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L’Afrique est dotée de nombreuses ressources minières ce qui fait figurer son industrie parmi les plus importantes au monde. L’économie de nombreux pays africains est étroitement liée à l’état de leur secteur minier. Toutefois un grand écart subsiste entre les attentes et la réalité du terrain; investir dans l’industrie minière africaine relève du challenge.

En 2010, sur les 54 pays qui composent le continent, 24 exportaient des produits miniers d’après l’Organisation mondiale du commerce. Près de la moitié des pays d’Afrique ont sur leur sol des activités minières. Pourtant, aujourd’hui beaucoup se posent la question de la rentabilité de certaines de ces industries en Afrique.

Des conditions parfois difficiles à remplir

Le principal problème auquel fait face le secteur minier est l’incompatibilité entre les attentes des gouvernements africains et l’état réel du secteur. Ces derniers, désireux d’extraire plus de bénéfices de leurs produits, imposent souvent aux investisseurs étrangers des conditions plus exigeantes qu’ailleurs. Ainsi veulent-ils que les sociétés minières investissent des milliards de dollars pour fournir des emplois et des recettes fiscales, mais ils insistent également sur le fait que les mêmes entreprises pratiquent d’importantes politiques sociales souvent liés à l’autonomisation de divers groupes dans le pays d’accueil.

En Afrique du Sud, par exemple, les compagnies désireuses d’investir doivent avoir un quota minimum d’actionnaires noirs de 26 %. Cela pour réparer les préjudices d’exclusion des Noirs de la vie économique, causés par l’apartheid. En conséquence, sur un capital investi de 100 % seulement 74 % de profits reviendront aux investisseurs.

Si l’exigence des autorités sud-africaines répond à un contexte particulier, cette contrainte accroît le coût du capital. Cela suffit à décourager les investisseurs qui peuvent bien sûr investir dans d’autres régions du monde beaucoup plus libérales.

Autre exemple, la République démocratique du Congo (RDC). En 2012, cette dernière décide d’adopter une nouveau code minier qui double les redevances, en cherchant des participations plus importantes, ainsi que des quotas locaux d’enrichissement. L’opposition à ces réformes entraînera l’abandon du projet. Toutefois, cela aura terni la réputation du pays comme destination favorable à l’accueil des investissements miniers.

Un cruel manque d’infrastructure et de main-d’œuvre

Par ailleurs, les pays africains qui regorgent de matières premières rencontre souvent deux problèmes principaux : le manque sur place d’infrastructures d’exploitation et de main-d’œuvre qualifiée. En effet, bien que les ressources minières soient souvent abondantes, les extraire nécessite des procédés technologiques avancées et un personnel qualifié. Ainsi, excepté l’Afrique du Sud, la plupart des pays africains ne sont pas dotés d’infrastructures de qualité susceptibles de rendre leur industrie minière plus performante.

La main-d’œuvre souvent non qualifiée, pose également problème, notamment en terme de sécurité et de rendement des exploitations.Ce qui par extension accroît leur coût. En définitive, ce personnel s’avère moins compétitif qu’une main-d’oeuvre australienne ou canadienne par exemple.

Des facteurs environnementaux non-négligeables

Par ailleurs, les exploitants miniers font face à des risques environnementaux importants et complexes. Et ce tout au long du cycle minier. Des travaux de fondation à l’extraction, en passant par la manipulation des substances dangereuses et le contrôle des déchets.

Il s’agit notamment des risques découlant de réglementations de plus en plus exigeantes concernant le respect des normes environnementales. Mais aussi la pression croissante des actionnaires pour rendre publique la performance environnementale des entreprises.

Aussi, la fluctuation des coûts des matières sur le marché mondial rend le secteur vulnérable.

Quelles solutions pour être plus attractif

Afin de pallier aux problèmes du secteur minier africain et de le rendre plus attractif aux investisseurs, les dirigeants africains doivent adapter leurs législations aux exigences et aux évolutions du secteur. Ils doivent, avant tout, convenir d’un cadre réglementaire et s’y tenir même lorsque les prix des matières premières évoluent à la baisse.

Une autre approche de solution serait d’investir dans le capital humain, surtout dans la formation des jeunes. Cela permettrait de pallier à l’insuffisance de main-d’œuvre qualifiée.

En outre, les dirigeants devraient se concentrer sur le respect et l’amélioration des conditions d’exploitation afin de rendre leurs produits plus attractifs sur le marché. Chaque pays devrait s’inspirer des grandes puissances minières, mais surtout s’adapter en tenant compte des spécificités locales.

Enfin, il faut bannir la corruption qui prévaut dans ce secteur. Bien qu’hypothétique, cela contribuerait grandement à rehausser l’image du secteur minier africain à l’international.

 

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