Selon Michel Kafando, envoyé spécial de l’ONU, le Burundi n’est pas prêt pour l’organisation d’élections crédibles

Le Burundi ne peut organiser des élections crédibles
Michel Kafando, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi, informe le Conseil de sécurité sur la situation au Burundi. Photo: ONU / ESKINDER DEBEBE

(APN) – L’envoyé spécial de l’ONU au Burundi a fait son rapport. L’ancien chef d’État par intérim au Burkina Faso, Michel Kafando s’est exprimé devant le Conseil de sécurité. Il a aussi mis en garde contre la prochaine révision constitutionnelle qui est censée se tenir en mai 2018.

Michel Kafando a présenté son rapport devant le Conseil de sécurité. L’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU est revenu sur la situation au Burundi. Il affirme que malgré des efforts, de nombreuses violations des droits de l’Homme restent fréquentes. De plus, les tensions demeurent vives et la situation politique est strictement contrôlée par le parti au pouvoir et ses alliés. En définitive, un tel environnement n’est pas propice à l’organisation d’élections crédibles censées prendre place en 2020.

La révision constitutionnelle de mai 2018 représente un enjeu majeur pour faire respecter la démocratie. Michel Kafando est donc revenu sur des principes dont devraient prendre en compte les autorités burundaises. Il s’agit entre autres du partage des pouvoirs, de la bonne gouvernance et de la démocratie pluraliste. Ces principes sont des piliers majeurs des accords d’Arusha, pierre fondatrice de la Constitution burundaise.

Une révision constitutionnelle qui pose problème

En effet le 28 août 2000, après sept années de guerre civile, les accords d’Arusha sont signés sous l’égide de Nelson Mandela. L’Accord d’Arusha permet le partage équitable du pouvoir entre les Hutus, les Tutsis et les Twas en conformité avec leur poids démographique.

La réforme constitutionnelle envisagée en 2018 fait mention d’un mandat présidentiel porté à 7 ans, un examen des quotas ethniques – 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis – appliqués dans les instances du pouvoir exécutif, au Parlement et dans l’appareil judiciaire pourrait avoir lieu au bout de cinq ans. De plus, elle fait état de la création d’un poste de Premier ministre et par conséquent de la suppression du poste de deuxième vice-président. Sans oublier, l’adoption des lois qui se ferait à la majorité simple et non plus à la majorité des deux tiers.

Ces nombreuses modifications peuvent rendre certains efforts consentis pour arriver à l’Accord de paix d’Arusha. Aussi, la cohésion nationale peut être mise à mal ; c’est sans compter sur Kafando pour rappeler l’article 299 de la Constitution burundaise qui stipule que : « aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à l’unité nationale, à la cohésion du peuple burundais. »

Diplomatie oblige, Kafando tient à rappeler qu’il ne s’agit en aucun cas d’une ingérence. Un pays souverain a le droit d’envisager la modification de sa Constitution. Seulement, l’objectif de l’homme politique burkinabé est selon lui de tirer la sonnette d’alarme afin que ne se reproduisent plus, les querelles incessantes qui nuisent au développement du pays et à sa cohésion.

Source : ONU

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