Somalie : climat de peur à l’approche de l’élection présidentielle

Des affiches de campagne des candidats à l’élection présidentielle, le 20 décembre à Mogadiscio | MOHAMED ABDIWAHAB / AFP

Aujourd’hui, mercredi 8 février 2017, se tient le scrutin électoral présidentiel en Somalie. Les 275 membres du parlement ainsi que les 54 sénateurs, éliront le 9e président de la Somalie au sein d’une liste de 22 candidats. Le président sortant, Hassan Cheikh Mohamoud, est candidat à sa propre succession.

Bien que le pays traverse une profonde crise politique et est fragilisé par la menace des islamistes shebab, les Somaliens espèrent que cette élection rétablira la paix.

Hier, mardi 7 février, à la veille du scrutin électoral les autorités somaliennes ont bloqué l’accès aux voies principales de la capitale. En effet, les autorités craignent que les Shebab ne mènent une attaque le jour du scrutin. Les abords de l’aéroport international de Mogadiscio ont été évacués pour des raisons de sécurité.

Afin de rassurer les électeurs, le Commandant de la police, Mohamed Sheikh Hassan Haamud, a déclaré que  la police se chargera de la sécurité le jour du scrutin afin que l’élection se déroule dans les meilleures conditions de sécurité.

Un processus électoral entaché par des suspicions de corruption et de fraude

Aujourd’hui  les membres du parlement décideront soit de reconduire pour un second mandat l’actuel président Hassan Sheikh Mohamud, soit d’élire l’un de ses rivaux à la tête de l’état.

Pendant la période pré-électorale, les candidats en lice s’étaient accusés mutuellement de fraude. L’achat de votes est une pratique très répandue en Somalie. Lors des précédentes élections, de nombreux candidats avaient crié à la fraude en soulignant que plusieurs parlementaires avaient été achetés. Pour rappel, la Somalie est classée parmi les pays les plus corrompus du monde. Les allégations de fraudes et de corruption sont prises très au sérieux par les observateurs internationaux.

Dans leur programme de campagne, les différents candidats promettent s’ils sont élus, de mettre fin à la corruption, d’assurer la paix et de redorer le blason économique du pays.

Selon plusieurs diplomates, la corruption est l’un des grands maux du pays. Il sera donc très complexe d’y mettre fin. Et la fragilité du pays n’arrange en rien les choses. La corruption continue d’entraver les efforts de reconstruction après plusieurs années de conflit. L’autre grosse entrave à l’essor de la Somalie, c’est l’insurrection islamique du mouvement d’Al-Shabaab qui a instauré un climat de peur et de terreur dans le pays.

En ce jour du scrutin, les Somaliens espèrent que le scrutin se passera sans aucune violence, ce qui marquera un tournant décisif dans l’histoire de leur pays.

 

Laisser un commentaire