Sommet Afrique-Chine : « La Chine ne s’immisce pas dans les affaires intérieures de l’Afrique et ne lui impose pas sa volonté », le tacle de Pékin à l’Occident

Sommet Afrique-Chine
Le 7ème Forum de la Coopération sino-africaine à Pékin.

(APN) – C’est avec une pique à peine voilée que le président Xi Jinping a réagi aux différentes critiques de l’Occident sur la relation sino africaine. Durant ce sommet Afrique-Chine, Pékin a par ailleurs promis une aide de 60 milliards de dollars.

Le 7ème forum de la coopération sino-africaine s’est déroulé lundi et mardi à Pékin. Ce rendez-vous diplomatique a réuni 53 dirigeants du continent africain – seule la présence du roi du Swaziland n’était pas souhaitée – c’est dire l’importance de la Chine dans les activités commerciales de l’Afrique.

En effet, la deuxième puissance économique mondiale est le premier partenaire commercial du continent africain. Chaque année, la Chine investit de nombreux milliards de dollars pour la construction d’infrastructures en Afrique. Ainsi, des routes, des chemins de fer, des ports sont construits à la grande satisfaction des pays africains.

La tournée de Rex Tillerson en Afrique

Cependant, l’Occident ne voit pas d’un bon œil l’aide de la Chine aux pays du continent noir. Quelques mois auparavant (du 7 au 13 mars), le désormais ex-secrétaire d’État américain Rex Tillerson, avait engagé une mini-tournée en Afrique. Celle-ci prit aussitôt l’allure d’une campagne de dénigrement.

Face à la perte de l’influence et des parts de marchés de l’Occident en Afrique, l’Américain n’a pas manqué d’envoyer plusieurs flèches à la Chine. « L’investissement de la Chine n’a pas le potentiel de réduire le retard de l’Afrique en matière d’infrastructure, mais l’approche de la Chine a été plutôt de mener plusieurs pays à plus de dettes en leur fournissant très peu d’emplois » avait déclaré l’ancien chef de la diplomatie américaine.

Xi Jinping répond à l’Occident

C’est donc à l’ouverture du sommet Afrique-Chine que le président Xi a tenu à mettre les choses au clair. Tout d’abord, il a tenté de désamorcer la situation en promettant l’annulation d’une partie de la dette des pays africains les moins développés. Par la suite, il a vanté l’aide « sans condition » de la Chine. Une réponse aux critiques de l’Occident.

« Les investissements de la Chine en Afrique ne s’accompagnent d’aucune condition politique. La Chine ne s’immisce pas dans les affaires intérieures de l’Afrique et ne lui impose pas sa volonté » a-t-il rajouté devant de nombreux dirigeants africains et des acteurs du monde économique et commercial. Pour finir, il a promis une enveloppe de 60 milliards de dollars aux pays africains dont 20 milliards dettes gratuites et de prêts sans intérêts.

Le président sud-africain plaide pour une nouvelle coopération

Les joutes verbales entre la Chine et l’Occident peuvent presque faire oublier l’avis même de l’Afrique. Le président Cyril Ramaphosa s’est exprimé sur le sujet et a tenu un langage beaucoup plus modéré. Il a tout d’abord balayé d’un revers de la main l’étiquette de néo-colonialisme que les critiques occidentales attribuent à la Chine.

Il a ensuite plaidé pour un rééquilibrage des relations sino-africaines. « Très souvent, l’Afrique exporte des matières premières vers la Chine, tandis que la Chine nous exporte des produits finis (…) Cela limite la potentiel et la capacité de production de l’Afrique ainsi que la création d’emplois sur le continent africain » a-t-il dit.  

Cette intervention confirme en partie ce que Rex Tillerson a indiqué quelques mois plus tôt, notamment sur la question de la création d’emplois. Dans de nombreux pays, les investissements chinois s’accompagnent généralement d’une bonne partie de la main d’œuvre chinoise.

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