Sommet de l’Union africaine : un nouveau président, des réformes qui piétinent et plusieurs crises au menu

30 ? sommet de l’Union africaine
Le président Paul Kagame prend la présidence de l’Union africaine.©?SIMON MAINA/AFP

(APN) – Le président rwandais Paul Kagame a pris la présidence tournante de l’Union africaine succédant ainsi au président guinéen Alpha Condé. Les défis sont grands et plusieurs sujets ont été mis sur la table à Addis Abeba ce week-end lors de ce 30e sommet de l’Union africaine.

Paul Kagame a succédé à son homologue guinéen Alpha Condé héritant ainsi d’un agenda surchargé. Plusieurs réformes initiées il y a quelques années et par le président guinéen seront la responsabilité du président qui devra mener à bien plusieurs mesures qui peinent à être mises en place sur le continent africain. La cérémonie a débuté avec un hommage à l’ancien président avant de continuer sur le discours du nouveau président. Les sujets évoqués sont nombreux.

L’autofinancement de l’Union africaine

La question de l’autofinancement a été plusieurs fois abordée. L’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe avait fait de cette mesure un de ses principaux combats. Alpha Condé en avait fait la priorité dans son tableau de bord. Le but est de financer l’institution africaine en mettant en place une taxe de 0,2 % sur les importations des produits non africains. En effet, beaucoup se questionnent sur l’autonomie et la capacité qu’a l’institution de prendre des décisions sans être influencée alors que 80 % de son budget serait financé par l’Europe et le Japon. Seulement 20 pays sur 55 ont décidé d’appliquer cette réforme.

Le libre-échange et l’unification du transport aérien

La libre circulation des biens et des personnes est depuis quelques mois devenue le sujet phare. De nombreux pays font des efforts dans ce sens. On peut compter parmi eux le Bénin, le Tchad et le Ghana. L’Afrique du Sud serait en train de travailler sur la suppression de visa pour les ressortissants africains. Un accord de libre circulation entre membres de la CEMAC a été acté et la Mauritanie a signé un accord de libre circulation avec les membres de la CEDEAO. Néanmoins, plusieurs africains restent fermés à d’autres pays africains et le passeport africain est pour le moment loin d’être une réalité.

Le but de ce projet est de libéraliser le transport aérien et l’aviation civile au sein du continent. En effet, les compagnies aériennes non africaines opèrent 80 % du trafic, selon un responsable de l’agence du NEPAD. Les compagnies aériennes africaines n’opèrent que 3 % du trafic. 23 pays sur 55 ont signé cet accord qui consiste selon la Commission de l’Union africaine à stimuler les investissements aux frontières et à booster le secteur du tourisme. Il pourrait déboucher sur la création de 300.000 emplois directs dans le continent ainsi que deux millions d’emplois indirects.

La lutte contre la corruption

La lutte contre la corruption, véritable gangrène du continent africain a été aussi au cœur de la première journée des travaux de l’UA. D’après le classement de l’ONG Transparency International, les pays africains sont parmi les pays les plus corrompus du monde. Cette donnée peut freiner l’investissement étranger et beaucoup se questionnent sur la possibilité d’une telle lutte à être efficace tant certains présidents dont la légitimité est remise en doute, se maintiennent aussi grâce à la corruption.

Plusieurs crises au menu

La crise que traverse le Soudan du Sud a fait partie des discussions entre les chefs d’État et le président de la Commission de l’UA. Moussa Faki dénonce « des violences insensées ». Il ajoute aussi qu’il serait temps « d’imposer des sanctions à ceux qui font obstacle à la paix ».

La crise à Kinshasa et la récente sortie de Kabila cinq ans après sa dernière interview donnée à la presse font beaucoup parler d’elles. L’UA tire la sonnette d’alarme et dénoncent les violences du 31 décembre contre les membres de l’Église catholique mais aussi contre les populations depuis plusieurs mois. Moussa Faki insiste sur le respect des accords de la Saint-Sylvestre qui est selon plusieurs l’unique solution à la sortie de crise.

L’accord d’Alger doit être mis à exécution sans délai selon le président de la Commission de l’UA sur la crise au Mali. L’Union africaine est surtout en quête de crédibilité. L’institution à laquelle de nombreux africains ne se fient plus doit maintenant mettre en œuvre les réformes qu’elle annonce et ce sera le grand travail de Paul Kagame.

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