Tanzanie : la construction d’un barrage sur un site classé de l’UNESCO fait polémique

Barrage en Tanzanie
La construction d’un barrage sur un site classé de l’UNESCO fait polémique en Tanzanie. © Worldconstructionnetwork.com

News Tanzanie – Dans un communiqué paru mardi dernier et communiqué par la présidence de la République, le président tanzanien John Magufuli, a souhaité que les travaux de construction d’un barrage sur un site classé patrimoine mondial de l’UNESCO se poursuivent.

Il voudrait ainsi permettre à la population d’avoir accès à l’électricité sur toute l’étendue du territoire, malheureusement le site choisi pour palier au problème créé des divergences avec l’UNESCO. Selon l’UNESCO, le site du Selous serait « en danger », car il est menacé par des actes de braconnage et par l’exploitation minière, la construction d’un site pourrait y participer.

Le nouveau barrage électrique sur un site protégé par l’UNESCO

Afin de développer l’hydroélectricité et l’irrigation en Afrique de l’Est, plusieurs pays tels que le Burundi, la Tanzanie ou encore le Rwanda se sont lancés cette année dans la construction de barrages. En avril de cette année, les trois pays ont coopéré autour d’un nouveau projet de travaux de construction d’une centrale hydroélectrique sur les chutes de Rusumo.  Financé par la Banque Mondiale, il était important pour eux de le signer pour la production de l’électricité dans cette région.

 La Tanzanie a décidé de construire son nouveau barrage dans un site classé patrimoine de l’UNESCO. La construction du barrage n’est pas la seule menace du site, on compte aussi le braconnage et l’exploitation minière sur les 50.000 kilomètres carrés qui abritent une des plus grandes richesses du pays avec sa grande population d’éléphants.

Pour réaliser son nouveau projet de construction de barrage hydroélectrique et d’approvisionner les populations rurales en électricité, le président tanzanien John Magufuli a choisi une des réserves les plus grandes d’Afrique classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Selon un communiqué de la présidence mardi dernier, il aurait demandé à ce que : « le barrage soit construit le plus rapidement possible pour que nous puissions produire de l’électricité vitale à notre industrialisation ». Le mois dernier, l’UE a injecté plus de 200 millions de dollars dans le secteur de l’énergie en Tanzanie, car 24% seulement de la population ont accès à l’électricité sur l’ensemble du pays.

Malgré l’interdiction de l’UNESCO, John Magufuli insiste sur la fin des travaux

C’est dans la réserve du Selous listée comme un site en danger par l’UNESCO que le choix du président tanzanien s’est portée. La population rurale a besoin d’approvisionnement en électricité selon l’ONU, car seulement 2% y ont accès. Néanmoins, plus de 39% de la population urbaine en bénéficient.

Ce nouveau barrage pourra ainsi permettre de produire plus de 2.000 mégawatts d’électricité. Il a choisi les mêmes experts qui avaient construit le plus haut barrage d’Afrique l’an dernier, ceux envoyés par l’Éthiopie selon le communiqué de la présidence. Un des objectifs du chef de l’État est de permettre à la population de sortir de l’obscurité, pour cela il serait prêt à sacrifier un site classé.

Avant d’être à la tête de la présidence de la Tanzanie, John Magufuli avait été ministre des Travaux publics. Ce poste lui avait permis de superviser de nombreux projets de constructions d’où le nom de « tingatinga » qu’on lui a attribué qui veut dire bulldozer en Kiswahili. Lors de son élection, il avait promis développer la Tanzanie, de lutter contre la corruption et améliorer le niveau de vie des Tanzaniens les plus pauvres.

Qualifié d’autoritaire et populiste par certains, il a souvent été indisposé à écouter les critiques et respecter les procédures. Bien que l’UNESCO ait plusieurs fois demandé l’annulation de ce projet qu’elle juge « incompatible » avec le statut du site, le chef de l’État refuse d’y prêter attention.

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