Tanzanie : une députée arrêtée après avoir qualifié le président de "mal-élevé"

Halida Mdee (debout en rouge), députée Chadema, principal parti de l’opposition © YouTube

Politique Tanzanie – La police tanzanienne a arrêté, mardi soir, une députée pour outrage au président. L’accusée aurait insulté le chef de l’État, déclarant qu’il est « mal élevé ».

C’est sous les ordres du commissaire du district de Kinondoni (à Dar es-Salaam), Ali Hapi, que les forces de l’ordre ont mis aux arrêts Halima Mdee, députée de l’opposition. Il lui serait reproché des propos tenus lors d’un meeting de son parti politique, le Chadema.

Selon des médias locaux, cités par BBC, la députée aurait déclaré que le président est devenu « grossier » et qu’il pourrait un jour exiger que « les Tanzaniens marchent torse nu ». Conformément à la législation en vigueur, la police dispose de 48h pour interroger la députée et la garder dans ses locaux. « Nous devons procéder à un interrogatoire et ensuite expliquer aux tribunaux les insultes proférées à l’encontre de notre président », a déclaré Hapi.

Il y a quelques jours, John Magufuli, actuel président, avait déjà interpellé les dirigeants des partis de l’opposition au sujet de leurs « provocations », demandant à la police d’intervenir et prendre des mesures si besoin.

Des arrestations similaires ont déjà eu lieu en Tanzanie, toutes liées à des propos au sujet du président ou son gouvernement. Divers exemples qui font dire à certains que la liberté d’expression n’existe pas dans le pays. Des accusations bien entendu, réfutées par le gouvernement.

Arrivé au pouvoir en novembre 2015, John Magufuli jouit d’une grande popularité pour son rôle dans la lutte contre la corruption et la réduction des dépenses du gouvernement.

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