Tchad : Après le ministre des mines, Idriss Deby limoge son ministre des finances

Le président tchadien Idriss Deby a mis fin aux fonctions de Mbogo Ngabo Seli, qui était jusqu’à présent ministre des Finances et du Budget. Nommé il y a seulement 5 mois, la sortie du gouvernement de Mbogo Ngabo Seli intervient un mois après celle de son collègue Gomdigue Baidi, l’ancien ministre des mines, limogé le 31 décembre dernier.

Contexte économique et social tendu

Le président tchadien Idriss Deby peut parfois être imprévisible, avec l’éviction du gouvernement de Mbogo Ngabo Seli, il vient encore de le démontrer. En effet, personne ne s’attendait à ce que le ministre des Finances et du Budget, grand partisan de la mise en œuvre de mesures d’austérité au Tchad, ne quitte le gouvernement aussi vite et dans de telles conditions.

Le contexte économique et social en ce début d’année 2017 est particulièrement tendu. Au plan économique, le Tchad a vu ses ressources publiques se raréfier avec la baisse des prix du pétrole. Cette situation qui dure depuis 2014 a conduit le Tchad à être placé sous programme du Fonds monétaire international (FMI). Au plan social, les grèves se multiplient au sein de l’administration publique où l’on enregistre des retards récurrents dans le paiement des salaires. Par ailleurs, la perspective d’un accroissement des mesures d’austérité impliquant une baisse des salaires a créé un vent de contestation chez les fonctionnaires.

Aucune explication officielle à ce limogeage

Mbogo Ngabo Seli, le désormais ancien ministre tchadien des Finances et du Budget, est un ancien cadre de la Banque africaine de développement (BAD) au sein de laquelle il a exercé diverses fonctions pendant plusieurs années. Rentré au Tchad, il a occupé des fonctions de direction au sein de la filiale locale du groupe bancaire français Société Générale avant de rejoindre des cabinets ministériels.

La présidence de la République et la primature tchadienne n’ont jusqu’à présent donné aucune explication à ce limogeage de celui qu’on voyait conduire les mesures d’austérité annoncées à l’issue du sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC de décembre 2016 à Yaoundé.

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