Tchad : Cinq mois après leur réintroduction dans le pays, deux des six rhinocéros noirs du parc Zakouma ont été retrouvés morts

Deux des six rhinocéros noirs sud-africains réintroduits en mai dernier au Tchad sont morts, a annoncé la direction du parc national de Zakouma. Cette réintroduction devait constituer l’amorce d’un nouveau foyer de rhinocéros noirs, le dernier spécimen de cette espèce ayant été observé dans la zone en 1972.

 « Nous pouvons confirmer que ces deux rhinocéros (un mâle et une femelle) n’ont pas été braconnés. Cependant, la cause exacte du décès n’est pas encore connue », a indiqué dans un communiqué l’ONG de protection de la faune sauvage, African Parks, responsable de plusieurs parcs naturels en Afrique. Par ailleurs, Gilles Desesquelles, actuel ambassadeur de l’ONG, n’a pas exclu qu’un virus en soit à l’origine. Enfin, l’ONG précise que les autres quatre rhinocéros sont toujours vivants, et ont été isolés dans des cages où ils « font l’objet d’une surveillance étroite ».

Leur préservation est plus que jamais prioritaire puisque l’incident pourrait déjà compromettre un plan de réintroduction de vingt rhinocéros au Tchad d’ici deux ans. Pour rappel, depuis mai 2018 le parc national de Zakouma est devenu le seul parc d’Afrique de l’Ouest concentrant tous les grands mammifères d’Afrique puisque la coopération avec l’Afrique du Sud a permis l’introduction de rhinocéros, alors seuls mammifères manquants.

Au Tchad, les rhinocéros noirs ont disparu au début des années 1970 en raison du braconnage. Une disparition liée au fait que chaque année des milliers de rhinocéros sont abattus sur le continent africain pour leurs cornes, très prisées des adeptes de la médecine traditionnelle en Chine ou au Vietnam. Selon les récentes études, il resterait environ 5.000 spécimens de rhinocéros noirs en Afrique, dont près de 1.900 en Afrique du Sud. Cette réintroduction devait constituer l’amorce d’un nouveau foyer de rhinocéros noirs, le dernier spécimen de cette espèce ayant été observé dans la zone en 1972.

 « C’était une opération qui avait été menée par les deux gouvernements sud-africain et tchadien, d’une part pour repeupler le parc de Zakouma où il y avait des rhinocéros jusqu’à la fin des années 1960 », rappelle Gilles Desesquelles.

Avant le Tchad, des rhinocéros noirs avaient déjà été expatriés au Botswana, en Tanzanie, en Zambie, au Malawi et au Rwanda.

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