Tchad : une soixantaine d’étudiants condamnés à un mois de prison ferme

Des étudiants tchadiens manifestent contre la suppression de la bourse (photo d’illustration) © La Kabylie

Ce mardi au Tribunal de première instance de N’Djamena, des dizaines d’étudiants ont été condamnés à un mois de prison ferme. Ils ont été inculpés pour « outrage à l’autorité de l’État » après avoir perturbé une visite ministérielle.

Environ soixante-dix étudiants ont été interpellés au sein du campus de l’Université de N’Djamena. La scène s’est déroulée ce samedi 25 février pendant des manifestations lors d’une visite du ministre tchadien de l’Enseignement supérieur et de son homologue sénégalais.

Dans le campus de Toukra, les étudiants en colère auraient caillassé la voiture de la délégation comprenant Hassan Mackaye Taisso et Mary Teuw Niana. Celle-ci a dû être exfiltrée par la police qui a dispersé les étudiants à coup de gaz lacrymogènes.

Le procureur parle d’un trouble à l’ordre public, de vandalisme et d’un outrage à l’autorité de l’État. Il a requis deux ans d’emprisonnement ferme à l’encontre des étudiants arrêtés.

Le tribunal ne s’est pas rangé derrière la décision du procureur. Les étudiants, dont le Président de l’Union des étudiants tchadiens (Unet) Richard Guelem, ont été condamnés à payer 50.000 FCFA d’amende chacun et ont écopé d’une peine de prison d’un mois ferme. Par ailleurs, six étudiants ont été relaxés faute de preuve.

Le procès s’est déroulé sous haute surveillance. Il était interdit au public, à la presse et aussi aux proches des étudiants inculpés. Peu après, ces derniers ont directement été transférés à la maison d’arrêt.

DES REVENDICATIONS LÉGITIMES

Les étudiants réclament de meilleures conditions d’étude et manifestaient contre la suppression des bourses. En effet, le Tchad qui subit la chute des cours du pétrole a fait de l’arrêt des versements de la bourse, l’une des mesures d’austérité.

Les leaders syndicaux parlent d’une décision infondée. Selon eux, la justice n’a aucune preuve contre les étudiants arrêtés.

En réaction, Gali Abdel Aziz l’un des responsables syndicaux, menace de boycotter les cours à l’Université de N’Djamena jusqu’à la libération des étudiants. Cette décision pourrait donc perturber les examens en cours.

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