Togo : les discussions sur la modification de la Constitution freinent le dialogue

Le dialogue difficile au togo
Faure Gnassingbé

(APN) – Après six mois de manifestations, le dialogue entre l’opposition et le pouvoir a débuté ce lundi 19 février sous l’égide du président ghanéen Nana Akufo Addo. Seulement, les discussions marquent un arrêt ce mardi et ne recommenceront que vendredi. En cause, la modification de la Constitution qui ne semble pas mettre les deux parties d’accord.

Le dialogue entre l’opposition togolaise et le pouvoir a commencé ce lundi 19 février à Lomé.  Le président ghanéen Nana Akufo Addo, facilitateur de ce dialogue était présent et a prononcé un discours. Il a indiqué que les solutions à ces discussions ne viendront pas comme par enchantement. Il invite par ailleurs le peuple togolais à faire preuve de maturité et à envisager des compromis et espère que ces pourparlers permettront au Togo d’être un État démocratique.

Le dialogue a débuté par la libération de plusieurs prisonniers politiques de l’opposition par le pouvoir. C’était une condition sine qua none à la participation de l’opposition. Sur 92 personnes détenues suite aux nombreuses manifestations qui sévissent dans le pays depuis six mois, 47 ont bénéficié de la grâce présidentielle. C’est ce que le porte-parole de la délégation ghanéenne Daniel Osei a indiqué. Il a poursuivi en disant que la justice togolaise examinera le reste des détenus au cas par cas.

Le retour à la Constitution de 1992 pose problème

Les mesures d’apaisement exigées par l’opposition, ont été le principal sujet de discussions lors du premier jour. Les deux parties semblent être sur la même longueur d’onde concernant ce point. Cependant, la modification de la Constitution togolaise était au centre des débats ce mardi. Les parties prenantes ont dû suspendre le dialogue face à leurs désaccords.

L’opposition et de nombreux Togolais réclament depuis plusieurs mois le retour intégral à la Constitution de 1992 qui limitait le nombre de mandats à deux. De son côté, le pouvoir togolais ne voit pas les choses de la même manière. Auparavant, les parlementaires de la majorité ont même tenté une modification de la Constitution sans tenir complètement compte des revendications des opposants. C’est donc face à ce sujet sensible que le climat peine à être rasséréné. Les négociations sont donc suspendues et reprendront vendredi.

Plusieurs autres sujets sont au menu lors de ce dialogue qui durera dix jours. Parmi eux, les réformes constitutionnels et électorales, la transition et la situation humanitaire et l’État de droit. Durant ces dix jours de travaux, l’opposition a accordé une trêve et ne manifestera pas.

Laisser un commentaire