Togo : suspensions des stations radio City FM et LCF, entre vendetta et régulation médiatique

La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Togo a publié hier, soit le 6 février 2017, un arrêté portant retrait de la station des radios LCF et City FM. Ces stations appartenant au groupe Sud Média, étaient menacées depuis quelques semaines de fermeture. Elles avaient été sommées de se mettre en conformité avec la HAAC. Cette dernière pointe du doigt les autorisations d’émission et de diffusion des dites stations de radio.

Des suspensions qui suscitent l’incompréhension totale. Les dirigeants des médias concernés, mais également leurs fidèles auditeurs, sont partagés quant aux raisons réelles qui ont poussé la HAAC à prendre cette décision.

La lettre officielle envoyé par La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication à City FM.

Depuis plusieurs semaines déjà, les médias LCF et City FM, étaient menacés de fermeture par la HAAC. En effet, cette dernière affirme que ces radios émettent « sur des fréquences radioélectriques sans avoir accompli les formalités préalables d’autorisation d’installation et d’exploitation auprès de la HAAC ».

Toutefois, notons que lesdits médias opéraient depuis 9 ans déjà. Mieux encore, depuis toutes ces années, elles percevaient des subventions de l’État. La question qui se pose est celle de savoir pourquoi la HAAC a laissé ces médias émettre pendant si longtemps alors qu’ils étaient en situation irrégulière.

Des suspensions liées à un règlement de compte ?

D’aucuns affirment que la décision de la HAAC serait une forme de punition à l’endroit de Pascal Bodjona, propriétaire du groupe Sud Média, ancien ministre et porte-parole du gouvernement tombé en disgrâce et actuellement en exil en France.

Aussi la missive de l’ex-directeur de publication du quotidien « Liberté », devenu membre de la HAAC, Zeus Komi Aziadouvo, à l’endroit du Président de la Cour Suprême afin de dénoncer les agissements abusifs du président de la HAAC Mr Pitang Tchalla vient confirmer les suspicions de règlements de compte entre la HAAC et lesdits médias.

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