[Libre propos] Extradition des prêtres pédophiles occidentaux en Afrique

Un pretre en train de prier - Le scandale de la pédophilie dans l’Église catholique
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L’arrivée du christianisme en Afrique

Le christianisme est arrivé en Afrique dès le 1er siècle après Jésus – Christ, d’abord dans les grandes agglomérations, notamment à Alexandrie. Mais des siècles plus tard, plus concrètement en 1455, le Pape Nicolas V concéda au Portugal l’exclusivité du commerce avec l’Afrique et lui attribue l’activité de mission : il (le Pape) encourage Henry Le Navigateur, commandeur de l’ordre du Christ, à soumettre les « Sarrasins et autres infidèles ». Cette mission portugaise, sous la haute inspiration de l’autorité papale, aboutit en Afrique centrale à l’évangélisation de quelques rois, notamment dans l’Empire Kongo où le fils du Manikongo devint le premier évêque noir.

Cette évangélisation des rois africains eut comme conséquence les traites négrières qui ont dépouillé ce continent de ses vaillants fils. À la fin du XIXe siècle, avec la Conférence de Berlin en 1885 qui organise le partage et la division de l’Afrique, commence une nouvelle mission d’évangélisation de l’Afrique. Elle couvre l’Afrique centrale, australe et du sud. Les missions catholiques et protestantes arrivèrent principalement par les ports négriers, notamment aux embouchures des fleurs Sénégal, Niger, Congo et Zambèze.

Au XXe siècle, c’est dans l’entre-deux-guerres, au moment où l’Afrique était affaiblie par le démantèlement de ses poches de résistance, que le mouvement messianique a connu son essor. Évidemment, les populations désemparées, abusées, se sont livrées à ladite « bonne nouvelle ». Au XXIe siècle, l’Afrique est le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite. En 2010, environ 23 % de chrétiens du monde se trouvent en Afrique. Le christianisme est la religion la plus pratiquée en Afrique subsaharienne à 63 %.

Le scandale de la pédophilie dans l’Église catholique

L’Église catholique connaît des scandales depuis sa création. La pédophilie est un des plus importants, mais aussi le plus sournois et le plus étouffé. Le problème a du mal à trouver une solution parce que les prêtres impliqués dans ces affaires bénéficient de la couverture de la hiérarchie, et même jusqu’au Vatican. En effet, Daphné Gastaldi, Mathieu Martinière et Mathieu Périsse, trois journalistes indépendants, affirment que 32 agresseurs actuellement en vie, ayant fait plus de 300 victimes, ont été couverts par 25 évêques. (cf. leur enquête soutenue dans leur livre récemment publié, intitulé « Eglise : la mécanique du silence »).

Ce système de silence condamnable, parce que complice est entretenu par la stratégie d’exfiltrations internationales appelée encore « la solution géographique ».  Il est curieux que la plupart de ces exfiltrés soient envoyés en Amérique du sud et en Afrique. Deux endroits où les populations noires sont majoritaires. Une fois de plus, le continent africain est considéré comme le site exilique des criminels pédophiles, l’asile de pervers qui, au lieu de mériter la prison selon la loi en vigueur, profitent d’un paisible séjour auprès des populations qui prient naïvement pour eux et les nourrissent aux fruits de leur dur labeur. Et pourtant, cela ne suffit pour les pousser à se repentir. Au contraire, ils comptent sur le pardon perpétuel de l’Église et de leurs victimes pour avoir la conscience tranquille. C’est ainsi qu’ils récidivent parfois dans ces pays d’accueil. L’Afrique vit cette expérience comme une chaîne supplémentaire qui s’ajoute à celles de la Traite négrière, de l’esclavage et de la colonisation.

L’omerta de l’église, l’impuissance des autorités et l’impunité des criminels

En réalité, tout homme est faillible, même les « hommes de Dieu ». Et cela n’est pas une fatalité. Car pour se racheter et pour réparer nos faiblesses, nous comptons soit sur notre conscience morale, ou alors sur la loi. Il est donc tout à fait normal qu’un prêtre qui commet un acte répréhensible dans la société soit présenté devant la loi. Or, il y a deux problèmes fondamentaux sur lesquels s’appuient les soutiens de ces criminels : c’est le laxisme des pays africains et l’impunité qui y règne. Le laxisme, c’est la porosité des frontières africaines, la quasi-absence de contrôle de qui rentre et qui sort de tel ou tel pays. L’impunité quant à elle, est liée aux hommes de pouvoir censés observer la loi.

D’une part, il y a l’impunité interne à l’église. Autrement dit, même les prêtres africains tombent sous la loi de l’omerta, soit par peur de représailles, soit pour appliquer très certainement une loi biblique qui interdit de condamner son prochain. « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive. » Il y a aussi l’impunité externe qui caractérise les autorités judiciaires, corruptibles et, finalement, incapables de protéger les victimes et les innocents, d’autre part. Les prêtres font délibérément le choix de la chasteté, c’est-à-dire s’abstenir de toutes pratiques et de toutes pensées sexuelles jugées immorales. Il semblerait que cette option répugne au plus haut point les hommes d’Église. En général, depuis des décennies, les scandales liés au sexe et à l’argent sont ceux qui rongent les vies et la foi des « fidèles ». Mais en ce qui concerne l’Afrique, le problème n’est pas tant le pédophile qui arrive et commet les actes ignobles sur les enfants. Ce qui révolte ce sont les parents qui continuent de faire confiance à ces pervers, aux prêtres africains qui ont peur de dénoncer ces abus, et les dirigeants africains qui sont indifférents aux affaires qui touchent l’église. Dieu a vraiment pris des vacances.

 

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