[Libre propos] Immigration vers l'Afrique : une mine d'or pour les Européens

Airport Silhouettes par @kamplainn , black and white photography airtport

L’homme est un éternel voyageur. Cette assertion ne nous apprend rien sur la nature et la condition humaine. On n’apprend rien sur le fait que l’homme a besoin de bouger aussi bien sur un espace ouvert que dans un lieu clos. En effet, la mobilité des humains est aussi vieille que l’humanité. Les statistiques officielles évaluent entre 185 et 192 millions le nombre de migrants internationaux, seulement pour les années 2000, partis des lieux d’origine pour se fixer dans un ou plusieurs autres lieux pendant au moins un an. Précisons que ce sont des déplacements allant dans tous les sens.

Du nord au Sud ; de l’est à l’Ouest ; du sud – Ouest au Nord – Est et du Nord – Ouest au Sud – Est. Que l’on soit riche ou pauvre. Que l’on soit Noir, Blanc, Jaune ou métis, on a les mêmes capacités, la même envie et le même besoin de se déplacer, pour une raison ou une autre. Dans ce regard laconique sur les déplacements humains, nous nous intéresserons aux mouvements allant du Nord au sud, c’est-à-dire les populations qui partent d’Europe pour l’Afrique

On sait par l’histoire que les Européens sont arrivés en Afrique pour des raisons commerciales. Ils se sont lancés dans l’aventure pour découvrir l’ailleurs, mais aussi pour exploiter les opportunités économiques qui s’offraient à eux. C’est dans ce sens qu’ils se sont d’abord lancés dans la traite négrière en Afrique. Les esclaves devaient servir de main d’œuvre dans les champs de cannes à sucre et autres tâches domestiques. Ensuite, les négriers sont revenus pour coloniser et évangéliser les peuples africains. La majorité de l’Afrique fut ainsi colonisée par les Européens. Ce continent a été longtemps exploité jusque dans ses recoins sous cette tutelle-là. Les colons se sont retirés, soi-disant, dès les indépendances pour permettre aux pays africains de se prendre en main.

Mais très rapidement, ils sont revenus sous d’autres étiquettes de coopération, d’amitié, de diplomatie et de relations internationales. C’est depuis ces indépendances factices et cette diplomatie de duperie que les Africains ont compris le jeu et se sont lancés eux aussi à la conquête du monde. Dès lors, l’idéologie occidentale en complicité avec les médias, dénonce une immigration d’Africains vers l’Europe et jamais de l’Europe vers l’Afrique.

Les Européens s’épanouissent en Afrique

Les Européens vivant en Afrique font rarement l’objet d’études anthropologiques. La Revue Cahiers d’Études africaines (221 – 222) ose un inventaire d’expériences diverses des Européens en Afrique. Cette compilation de textes démontre que les populations européennes sont de plus en plus visibles dans les pays du sud. La circulation des peuples entre les anciennes métropoles dominantes et les anciennes colonies est plus dense que jamais. Les Blancs, ces « riches » élisent domicile sur le continent noir pour y travailler et/ou y passer le restant de leur vie.

Dans la Revue susmentionnée, Michel Peraldi et Liza Terrazzoni soulignent à leur manière qu’il y a « des entrepreneurs français au Maroc ou au Gabon, des expatriés ou aventuriers portugais en Angola, des coopérants qui choisissent de s’établir au Ghana dans la continuité d’une relation amoureuse, enfin des jeunes professionnels de la culture qui lancent leurs activités au Mali ou au Burkina Faso. Il faut également évoquer tous ces “safaristes”, ces touristes de l’environnement et du sexe, ces businessmans et ces mafias venus d’Europe pour faire fortune en Afrique. C’est le cas de cette communauté corse installée depuis plusieurs décennies au cœur de l’activité économique et politique au Gabon.

Les préjugés liés à ces déplacements de populations

À tort ou à raison, la présence des Européens en Afrique se laisse à lire très souvent comme étant la continuité de l’impérialisme occidental. Un préjugé qui ne manque pas d’arguments, étant donné les inégalités de traitement dans la vie courante et en milieu professionnel dont bénéficient les sujets européens à l’étranger. Le passé colonial jouant toujours en leur faveur, ils n’hésitent pas à afficher la condescendance chaque fois que besoin il y a. C’est ainsi que certains criminels et autres individus à la morale douteuse se refont facilement une image vierge au point d’occuper de hautes responsabilités dans l’exécutif de certains pays africains.

Un autre préjugé fondé sur un point de vue économique suppose que les Européens qui vont en Afrique apportent leur fortune et leur matière grise. C’est l’Afrique qui tirerait donc profit de la présence des Blancs. Or, il est avéré que l’Afrique donne tout à tout le monde, parfois un peu plus qu’à ses propres enfants. Chaque Africain connaît au moins une famille européenne qui fait facilement fortune en Afrique sur le dos des Africains.

Cette étude visait à créer l’équilibre dans la lecture anthropologique des mouvements migratoires présentés à sens unique du vecteur Afrique vers l’Europe et très peu souvent de l’Europe vers l’Afrique.

 

Laisser un commentaire