La Tunisie et la Namibie protestent contre leur présence dans la liste définitive des paradis fiscaux émise par l’UE

Tunisie et Namibie dans les paradis fiscaux
PHOTO : JDN

(APN) — Les ministres européens des Finances ont validé une liste des paradis fiscaux comprenant 17 pays dont la Tunisie et la Namibie.

L’Union européenne à travers ses ministres des Finances ont validé une liste noir des paradis fiscaux après 10 mois d’enquête. Parmi les dix-sept pays qui forment cette liste, la Tunisie et la Namibie. Le Maroc et le Cap-Vert ont échappé de peu mais font quand même partie d’une liste « grise ». Les engagements de ces deux pays (Tunisie et Namibie) du continent africain auraient été reçus tardivement et donc refusés par les ministres de l’Union européenne.

Tunis et Windoek avaient dix mois pour répondre aux questions de l’Union européenne et n’ont présentés leurs correctifs qu’à la dernière minute. Ce qui a eu pour effet de bloquer les procédures et leur inscription dans la liste noire. Cependant, ce problème pourra être corrigé dans les semaines à venir si les mesures correctrices respectent les règles de l’OCDE en matière de transparence bancaire. En attendant, lesdits pays ne pourront pas recevoir de fonds provenant d’institutions européennes.

La Tunisie et sa politique fiscale

La Tunisie est aussi pointée du doigt en raison des avantages fiscaux don’t bénéficient les sociétés étrangères qui s’implantent dans le pays. Elles exportent pour la plupart la quasi totalité de leur production, s’acquittent d’un impôt sur les bénéfices bas (10 %), sont exonérés de TVA pour les règlements perçus de l’étranger et des achats sur le territoire tunisien. De plus, la Tunisie offre le secret bancaire à ces entreprises. L’Union européenne a donc demandé de relever l’impôt sur les bénéfices de 10 % à 25 % et de faire des efforts allant dans le sens d’une plus grande transparence.

Cette décision de l’Union européenne a donc créé la polémique en Tunisie et la classe politique a vivement réagi. Le ministre des Affaires étrangères a dénoncé une décision surprenante et fait part de son mécontentement demandant à l’UE l’immédiate révision de cette liste. Conscient du coup que les exigences auraient sur l’économie tunisienne, certains responsables parle d’une ingérence de l’UE dans la politique fiscale du pays. D’autres encore parlent d’une décision injuste qui aurait pour effet de freiner l’investissement d’entreprises européennes en Tunisie, baisser l’attractivité du pays et les délocalisations de ces entreprises étrangères. Néanmoins, la Tunisie ne veut pas lâcher prise et ne compte pas mettre un terme à ses avantages fiscaux.

Une communication tardive de Windoek

La Namibie de son côté parle elle d’un choix injuste et discriminatoire. Le ministre des Finances parle d’un problème de communication. « En raison d’un problème de communication, nous n’avons pas respecté une date-limite, mais cela ne fait pas de la Namibie un pays non-coopératif ou un paradis fiscal » a-t-il dit. Il a ajouté que « la Namibie est même plutôt victime des mouvements de capitaux illicites, comme cela a été démontré dans les Paradise Papers ». Les autorités du pays reconnaissent avoir répondu après la date limite.

Certains spécialistes remettent en cause la liste des paradis fiscaux et la juge peu crédible. Cette dernière n’inclut pas les paradis fiscaux présents sur le continent européen. Monaco, Malte, l’Irlande, le Luxembourg etc ne font pas partie de la liste.

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