Tunisie : nouvel accord sur l’immigration avec l’Allemagne

La chancelière allemande, Angela Merkel

Immigration Tunisie – Comme cela était pressenti, après l’attentat de Berlin, la question du rapatriement des Tunisiens déboutés du droit d’asile en Allemagne a été au coeur de la rencontre des deux chefs d’État tunisien et allemand vendredi dernier à Tunis.

Le 19 décembre 2016, Anis Amri, qui n’était plus en droit de résider sur le sol allemand, causait la mort de 12 personnes en fonçant sur un marché de Noël bondé à Berlin, à l’aide d’un camion-bélier. Cet attentat a relancé la question de l’expulsion des ressortissants tunisiens, marocains et algériens.

Les autorités allemandes fustigent le fait que les expulsions ne soient pas assez rapides. Lorsque les demandeurs d’asile sont déboutés et doivent être expulsés, leurs pays d’origine doivent procéder à une reconnaissance, pour pouvoir les rapatrier. Pour cela, ils exigent que soient présentées des pièces nationales d’identités.

Il suffit donc aux migrants de se débarrasser de leurs papiers avant d’entrer en Europe, pour tenter de se faire passer pour des Syriens. Ce fut le cas pour Anis Amri, qui n’a pas été expulsé jusqu’à trois mois après son refus d’asile, parce que les autorités tunisiennes refusaient de reconnaître sa nationalité, faute de document d’identité en règle. Des efforts se devaient donc d’être faits dans ce sens.

Un nouvel accord pour faciliter les expulsions des ressortissants illégaux

Un autre moyen d’accélérer les expulsions est de classer la Tunisie, le Maroc et l’Algérie sur la liste des pays dits « sûrs » afin de faciliter le rejet des demandes d’asile de leurs ressortissants. Ce projet de loi de la chancelière est freiné par les nombreux cas de discriminations à l’encontre des homosexuels et les atteintes à la liberté d’expression qu’on recense dans ces pays.

Le nouvel accord annoncé par le président Béji Caïd Essebsi fixe à 30 jours le délai de réponse des autorités tunisiennes aux demandes d’identification. Le président tunisien rassure que cet accord ne porte pas atteinte à la souveraineté du pays, qu’il va satisfaire les deux parties et que des mesures seront prises dans les consulats en Allemagne. Cet accord concerne environ 1500 Tunisiens en situation irrégulière.

 

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