Tunisie : une école coranique fermée après des accusations d’exploitation de mineurs, et abus sexuels

Image d’illustration

Tunisie Justice (APN) – Le ministère de l’Intérieur a annoncé la fermeture d’une école coranique après des accusations d’abus sexuels et exploitations de mineurs. 

Le 31 janvier, les autorités tunisiennes ont procédé a l’arrestation du responsable d’une école coranique, accusé de maltraitances sur 42 enfants. La structure a par ailleurs été fermée. Une enquête est ouverte.

Exploitation et abus sexuels sur mineurs

L’affaire est révélée par l’émission télévisée « Les quatre vérités ». Le documentaire met en lumière l’école coranique El Rihanet dans la ville de Regueb à 275 km de Tunis. Construite en 2012, l’école accueille des mineurs mais aussi des adultes âgés entre 18 et 35 ans. Au sein de la structure, on y enseigne le Coran mais aussi des travaux manuels.

D’après les premiers éléments de l’enquête, c’est pas moins de 69 personnes qui vivaient dans des conditions insalubres. 42 enfants et 27 adultes, dans « une mixité et une promiscuité totale », a indiqué le ministre. Extraits de la structure, certains enfants souffraient de la gale, et ont fait état de divers sévices. « Certains des enfants auraient subi des sévices sexuels et tous les enfants ont été exploités à outrance, par le maître des lieux, dans des travaux d’agriculture et de bâtiment », explique le ministre. Ils ont depuis été pris en charge et placé dans un centre d’accueil.

L’école faisait l’objet depuis plusieurs mois d’une injonction de fermeture qui n’avait pas été appliquée.

Désormais entre les mains de la justice, le directeur d’El Rihanet est également soupçonné d’appartenir à une organisation terroriste. En outre, il est aussi accusé d’avoir voulu radicaliser les élèves.

Réactions en chaîne

Après la révélation de ce scandale, Amnesty International a réagit. L’organisation mondiale a en effet appelé les autorités tunisiennes à remettre les enfants à leurs parents. Elle s’est par ailleurs exprimé sur l’usage de test anal fait sur certains d’entre eux sans leur consentement. Elle s’est dite préoccupée et dénonce une pratique « extrêmement dangereuse » qui  « constitue une violation flagrante des obligations qui incombent à la Tunisie au regard de la convention internationale des droits de l’enfant ».

Dans le même temps, plusieurs parents d’élèves ont également dénoncé la pratique des tests anaux sur les enfants. Ils ont par ailleurs manifesté appelant notamment à la libération de ces derniers et à la réouverture de l’établissement.

Du côté des figures politiques, on crie à la conspiration au sein du parti islamiste Ennahdha, tandis que la dirigeante de Tahia Tounes (parti politique) appelle elle, à l’arrestation des parents.

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