Un long chemin à parcourir avant une réelle intégration régionale en Afrique

L’intégration en Afrique, un réel défi pour tout le continent.

Actualité Afrique – La Vision pour 2063 de l’Union Africaine ambitionne de construire une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée et gérée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale ».

L’unité et l’intégration constituent une partie importante de cette vision. En mai 2017, la Banque africaine de développement (BAD) et l’unité de recherche de la banque panafricaine Ecobank ont publié des données qui permettent de mesurer les progrès réalisés en matière d’intégration.

L’indice d’ouverture sur les visas

À travers son indice d’ouverture sur les visas en Afrique, la BAD met en exergue les mesures d’assouplissement de visas à l’égard des ressortissants africains qui ont été prises dans chacune des sous-régions du continent. Les tendances principales pour l’année 2016 sont les suivantes :

  • Les Africains n’ont pas besoin de visa pour se rendre dans 20% de pays africains ;
  • Les Africains peuvent obtenir un visa à l’arrivée dans 25% de pays africains ;
  • Les Africains ont besoin de visas pour se rendre dans 55% de pays africains ;
  • Parmi les 20 pays à la tête des pays les plus ouverts en matière de visas, 75% d’entre eux se situent en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’est. Seul un pays est en Afrique du Nord et aucun pays n’est en Afrique Centrale ;
  • Seuls 9 pays parmi les 55 pays d’Afrique offrent des visas électroniques (eVisas) ;
  • Seuls 13 pays parmi les 55 pays d’Afrique ont supprimé le visa aux Africains ou permettent aux africains de prendre le visa à l’entrée du pays.

Le commerce intra régional en Afrique

Le volume de commerce interrégional est estimé à 12% en Afrique contre 61% au sein de l’Union Européenne. En décomposant ce taux par région, les flux sont de 66% en Afrique australe, 14% en Afrique de l’Ouest, 8% en Afrique centrale et 8% en Afrique du Nord.

Les pays enclavés enregistrent des volumes plus élevés de commerce interrégional que les pays côtiers. Les pays qui échangent le plus avec leurs pays voisins sont le Sénégal, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Ghana et la Tanzanie.

Ces statistiques ne reflètent que le commerce formel ou officiel tandis que la vaste majorité des transactions officieuses réalisées par les petits commerçants (mais non illégales) sont indétectables.

La concrétisation d’une Afrique unie et intégrée doit forcément passer par une plus grande souplesse dans la libre circulation des personnes et des biens, une réduction des frais de transport de toutes sortes ainsi qu’une réduction significative de toutes les formes de tarifs qui existent aux frontières. Mais pour cela, il faut une réelle volonté politique des dirigeants.

 

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