Une ougandaise condamnée pour mutilation génitale sur sa fille au Royaume Uni

Justice (APN) – Une ougandaise résidant au Royaume Uni a été condamnée par la justice britannique suite à une excision pratiquée sur sa fille. 

Vendredi, la justice britannique a reconnue coupable une mère de 37 ans pour mutilation génitale sur sa fille alors âgée de trois ans aux moments des faits. Egalement sur le banc des accusés, le père de l’enfant, 47 ans, d’origine ghanéenne. Si lui a été innocenté, la mère elle, risque jusqu’à 14 ans de prison. Toujours en détention, elle connaîtra sa sentence le 8 mars prochain.

Mensonges et sorcellerie

En 2017, une petite fille est amenée à l’hôpital Whipps Cross où elle est reçue pour des blessures aux parties génitales. Selon les dires des parents, elle serait tombée sur un objet en métal en tentant d’atteindre un placard dans lequel se trouvaient des biscuits. C’est donc cette chute qui aurait provoqué les saignements. Mais les observations des médecins ne confirment pas cette version. Selon eux, la fillette présente des blessures laissant penser à une excision, pratique interdite tant en Ouganda qu’au Royaume Uni. Dès lors, ils alertent les autorités.

Lors la perquisition, la police fait des découvertes troublantes. Des découvertes faisant penser à une pratique de la sorcellerie. En effet, des sorts et malédictions ont été découverts au cours de la fouille du logement. Quarante citrons emballés dans du papier aluminium ont été retrouvés au domicile du couple. Chacun contenant des papiers sur lesquels étaient inscrit les noms des policiers ainsi que des travailleurs sociaux chargés de l’enquête. Deux langues de vache liées dans lesquelles étaient implantées des ongles, ont également été retrouvées par la police. En outre, elle ont aussi découvert un bocal rempli de poivre caché derrière les toilettes. A l’intérieur, la photo d’un travailleur social. Des pratiques visant à éloigner les enquêteurs, selon le procureur.

La mère avait par la suite demandé à sa fille de mentir à la police. A l’annonce du verdict, elle s’est effondrée en larmes.

Une condamnation historique

C’est une condamnation historique pour le Royaume Uni. En effet, il s’agit de la première condamnation pour mutilation génitale. Bien que la pratique soit interdite dans le pays depuis 1985, seulement quatre affaires ont été portées devant les tribunaux. Les trois précédentes ayant abouti à des acquittements. Si ces dernières années la lutte contre cette pratique s’est accrue, les victimes n’osent pas toujours se montrer. En Afrique ou ailleurs, les campagnes de sensibilisation sont régulièrement faites pour mettre en lumière ces pratiques, et les combattre.

En novembre 2018, une étude annonçait une baisse du nombre de mutilations génitales féminines (MGF) en Afrique. Officiellement interdites dans de nombreux pays, ces pratiques liées aux croyances religieuses ou traditionnelles sont encore trop nombreuses sur le continent. Elles résultent de conséquences dramatiques, allant de souffrances à vie et parfois même la mort.

Cette première condamnation est un message clair, qui en amènera d’autres espèrent les défenseurs des MGF.

 

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