Union africaine : Vers une stratégie commune de retrait de la CPI ?

CPI Siege

Les leaders africains soutiennent une stratégie de «?départ collectif?» de la cour pénale internationale (CPI) selon un représentant de l’union africaine contacté par Reuters ce mercredi après le sommet a Addis Abeba.

La CPI injuste envers l’Afrique

Le représentant n’a révélé aucun détail quant à la stratégie, mais selon lui elle s’appuierait sur l’idée générale selon laquelle la CPI «?s’en prend injustement?» aux Africains lesquels ont développé un sentiment d’antipathie envers cette institution.  Un document officieux publié sur le site de Human Rights Watch décrit cette stratégie de sortie coordonnée, si aucune réforme n’est instaurée au sein de la CPI ; ainsi qu’une «?régionalisation?» de la loi internationale : une référence de propositions pour une cour des crimes de guerre d’Afrique.

Près du tiers des 124 membres de la CPI sont africains, leur sortie pourrait handicaper cette Cour qui n’a pas encore réussi à complètement nourrir des espoirs de justice pour les victimes de crimes de guerre et de génocides. Trois états africains ont déjà annoncé l’an dernier leur retrait de cette institution (le Burundi, L’Afrique du Sud et la Gambie). En 15 ans d’existence, la CPI n’a jugé que des Africains, notamment les présidents du Soudan et du Kenya. On note cependant que des procédures viennent d’être entamées contre des crimes perpétrés en Europe de l’est, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Ces allégations de retrait n’ont pas été confirmées de façon officielle, la source de l’UA contactée par Reuters ayant opté pour l’anonymat.

Pas d’unanimité au sein de l’Union africaine

Geoffrey Onyeama, le ministre des Affaires étrangères du Nigeria a toutefois réitéré publiquement ce jeudi que le Nigeria ne prendra pas part à un mouvement collectif de retrait de la CPI. Selon lui, si des problèmes de fonctionnement existent ceux-ci doivent se régler de l’intérieur en amendant les accords. Geoffrey Onyeama, souligne que «?l’Union africaine n’est pas partie (à l’accord de Rome qui institue la CPI), et n’a pas à élaborer de stratégie pour un retrait collectif d’une institution à laquelle chaque état souverain a adhéré individuellement?». Plusieurs pays tels que le Sénégal et le Cap Vert auraient aussi exprimé leur opposition à une sortie de la cour pénale internationale.

L’Union africaine a-t-elle le pouvoir d’influencer un retrait collectif quand chaque état souverain se doit de prendre cette décision individuellement Quelles conséquences pour les pays contre cette décision La Cour pénale internationale est le seul tribunal de dernier recours à rendre justice aux victimes d’atrocités de masse lorsque les institutions légales nationales ne peuvent ou ne veulent pas instruire ces affaires. Pour les défenseurs des victimes de crimes de guerre, la réponse est très simple : la portée de la CPI devrait être élargie et non réduite.

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