Vacance du pouvoir au Gabon : la crédibilité de la Cour constitutionnelle et du gouvernement à nouveau mise en jeu

Ali Bongo Ondimba
Ali Bongo Ondimba

Libreville (Africapostnews) – Depuis près d’une semaine, le Président gabonais n’est plus apparu en public. Présent à Riyad (Arabie Saoudite) pour une rencontre internationale, Ali Bongo a fait un malaise dû à une « fatigue sévère » selon la version officielle contredite par l’Agence Reuters qui parle d’un accident vasculaire cérébrale (AVC). Dans un cas comme dans l’autre, l’indisponibilité du Président gabonais Ali Bongo pour des raisons médicales devrait conduire la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement à constater la vacance temporaire du pouvoir conformément à la Constitution du Gabon.

La vacance du pouvoir en République gabonaise est encadrée par l’article 13 de la Constitution qui dispose : « En cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constaté par la Cour constitutionnelle saisie par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de leurs membres, les fonctions du président de la République, à l’exception de celles prévues aux articles 18, 19 et 116, alinéa 1er, sont provisoirement exercées par le président du Sénat ou, en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le premier vice-président du Sénat. ».

Ainsi, l’absence d’Ali Bongo du Gabon lequel serait contraint au repos à l’étranger pour des raisons médicales selon la Présidence de la République et pour une durée non communiquée est un cas de vacance temporaire du pouvoir qui aurait dû obliger le gouvernement à saisir la Cour Constitutionnelle aux fins de constat. En effet, la Constitution du Gabon ne limite pas la vacance du pouvoir au seul décès du titulaire de la fonction présidentielle. Toutes causes, y compris l’indisponibilité pour des raisons médicales est constitutive d’un cas de vacance.

Il est curieux que ni le gouvernement, ni la Cour constitutionnelle, ni la Présidente du Sénat, seule chambre du parlement en activité, ne semble s’inquiéter de la continuité du pouvoir alors que la Présidence de la République elle-même juge « sévère » le mal dont est atteint le Président gabonai Ali Bongo Ondimba au point de se limiter à une communication parcimonieuse.

Au Nigeria, le Président Buhari, qui a dû se rendre à plusieurs reprises au cours de cette année à Londres pour des raisons médicales a à chaque fois dû céder le pouvoir officiellement à son vice-président y compris quand ses rendez-vous médicaux étaient prévus plusieurs semaines à l’avance.

En cas de vacance temporaire ou définitive du pouvoir au Gabon, la Président du Sénat, Lucie Milebou Aubusson serait en charge d’assurer l’intérim.

Laisser un commentaire