La vague de démissions des dirigeants africains

Actualités (Africapostnews) -L’un des faits marquants de l’année 2017 fut la fin du règne chef d’état le plus âgé de la planète. Le 21 novembre 2017, Robert Mugabe, Président de la République démissionne après 37 années à la tête du Zimbabwe. Sa démission est survenue après la prise de pouvoir par l’armée et le revirement des membres de son parti politique ZANU-PF qui a œuvré pour la perte de son poste de président du parti et encouragé la procédure de mise en accusation. La gouvernance de Mugabe était depuis de nombreuses années contestée compte tenu de l’effondrement de l’économie du pays. Agé de 93 ans, il négocia sa sortie afin de protéger sa famille, ses proches et une partie de ses biens.

Un mois de février tempétueux sur le plan politique

L’Afrique du Sud ouvre le bal en 2018. Le 14 février, le Président de la République Jacob Zuma rend sa démission immédiate après une période d’incertitude. Déchu depuis décembre de la tête de son parti l’ANC et éclaboussé par de multiples scandales de corruption, des tractions se menaient au sein du parti afin de faire abdiquer Jacob Zuma. Son refus de quitter le pouvoir aurait duré quelques semaines et provoqué de vives tensions dans le pays avant qu’il ne s’y résigne, sous contrainte, à un peu plus d’un an des élections présidentielles. L’ANC est plus fragilisé et divisé que jamais et entrevoit une rude campagne électorale.

Enfin, en Ethiopie, à la grande surprise de tous, le Premier ministre Hailemariam Desalegn présente sa démission du pouvoir et de la tête de la coalition au pouvoir le 15 février 2018. Elle s’inscrit dans un contexte de frondes sociales et tensions causées par l’absence de libertés de droits et d’expression. Sa démission n’a pas encore été approuvée par la coalition au pouvoir et ne sera effective que lorsqu’un successeur sera trouvé.

Bien qu’ayant été élus et nommés dans des circonstances différentes, on note deux dénominateurs communs aux démissions : (i) la perte de soutien/les divergences au sein du parti du titulaire, ou (ii) la responsabilité attribuée pour la dérive du pays. Dans les deux pays d’Afrique australe, l’alternance politique a été accueillie avec soulagement et jubilation par les populations.

Laisser un commentaire